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Frédéric Fauthoux : « On a de la chance en France d'avoir des joueurs qui aiment ce maillot »

À quelques heures du départ de l'équipe de France pour la Belgique, le sélectionneur tricolore Frédéric Fauthoux s'est exprimé avant les deux derniers matchs du premier tour des éliminatoires pour le Mondial 2027.

Frédéric Fauthoux © FIBA

"Une question sur l'atmosphère qui règne dans le groupe, avec huit joueurs qui n'étaient pas à l'Euro l'été dernier. Pouvez-vous nous décrire ce nouveau départ ?
Il y a huit nouveaux, ce qui n'est pas rien. C'est une période intéressante, on a eu pas mal de temps pour travailler certaines choses car ce sont des joueurs qui ne jouent jamais ensemble. On a mis en place des règles de jeu et de vie pour que tout le monde se sente bien et que l'on puisse atteindre l'objectif fixé sur cette fenêtre, qui est de gagner les deux matches.

Vous avez connu des forfaits de dernière minute, et pourtant, on n'a pas la sensation que l'effectif a perdu en qualité. Qu'est-ce que cela dit du vivier qui est à votre disposition en tant que sélectionneur ?
Ce sont des forfaits de dernière minute qui sont toujours embêtants, forcément, parce qu'on doit solliciter des joueurs au dernier moment. Maintenant, on a la chance en France d'avoir un vivier qui est très important et des joueurs qui aiment le maillot de l'équipe de France, et répondent instantanément à notre appel. Ils ne traînent jamais des pieds. Le niveau individuel de l'équipe de France est reconnu déjà par beaucoup de monde et ne baisse pas. Il faut aujourd'hui créer un gros collectif, défensif bien sûr, mais trouver des automatismes offensifs. Mais c'est vrai que de changer des joueurs au dernier moment, ce n'est jamais facile parce que pendant des semaines, on a imaginé comment pouvait jouer cette équipe, et il faut un petit peu s'adapter.

Une nouvelle fois, le capitaine a changé. Comment est-ce que l'on choisit à qui donner ce rôle ?
C'est jamais évident car le groupe change à chaque fenêtre. Là, avec l'arrivée de Rudy qui a beaucoup d'expérience internationale, qui a le respect de tout le groupe, à la manière d'un Guerschon, je voulais apporter quelque chose de différent. C'est possible que dans l'avenir ça change un peu, je ne suis pas encore fixé là-dessus. Un jour, ou en tout cas lors des étés, c'est-à-dire quand il y aura le groupe élargi dans lequel on pourra choisir l'équipe de France, il faudrait que très vite, ce soit le même joueur qui soit le capitaine.

Ce changement part-il d'une demande de Guerschon Yabusele qui n'a pas réussi à conjuguer le collectif et le personnel à l'Euro ?
Non, Guerschon a été bien dans son rôle l'été dernier. Ça ne me semblait pas illogique de changer. Mais comme je le répète, j'aimerais, à terme, avoir un capitaine de fenêtres et un capitaine d'été. D'hiver et d'été, on va dire.

Pouvez-vous nous dresser l'objectif de cette fenêtre en vous sachant déjà qualifiés pour le deuxième tour ?
C'est comme d'habitude. Ce sont des matches très importants pour la qualification de la Coupe du Monde. Chaque victoire que l'on aura sur cette première fenêtre, on gardera toutes les victoires pour la deuxième phase. Donc, les matchs de la Belgique et de la Finlande très importants. Puisqu'on gardera, et je l'espère en tout cas, les deux victoires de cette fenêtre. Ça ne sera pas simple. La Belgique, on a bien vu avec la fenêtre précédente, ils auraient dû battre les Finlandais au moins une fois. Et après, on sait aussi que le match retour contre la Finlande à Pau, où ils viennent avec leur équipe type, puisqu'il ne manquera personne, sera un match décisif pour être le premier de la poule.

"Avec Maxime Raynaud, ça se passe extrêmement bien"

Justement la Finlande vient avec son équipe type. Regrettez-vous de ne pas pouvoir compter sur la votre ?
Oui, bien sûr. C'est certain qu'on a envie d'avoir son équipe le plus de fois possible et le plus longtemps possible. Si on imagine une équipe type, c'est toujours difficile, mais entre une vingtaine de joueurs, il faut que ces joueurs-là aient des automatismes, des connexions et des habitudes. Et plus on jouera, plus on s'entraînera ensemble, mieux l'équipe sera. Je le regrette, maintenant, si on voulait prendre l'exemple de Victor [Wembanyama], il a prévenu très tôt qu'il ne serait pas là si il partait en finale de conférence. Il y a été, donc on peut s'adapter. Mais comme on l'a dit au tout début de cette conférence, il y a énormément de qualités en France. On doit faire avec ça et commencer le travail sans certains joueurs.

Pascal Donnadieu a fait son retour dans le staff technique. Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
Avec toute son expérience, il occupait déjà un rôle de consultant. Je trouvais que sa présence aurait été plus bénéfique à tout le groupe s'il était avec nous sur le terrain et sur les bancs. Le rôle des autres ne va pas du tout changer.

Il disait pour MaxiBasket qu'il salivait de voir l'association entre Victor Wembanyama et Maxime Raynaud en équipe de France. Le second est en passe de connaître sa première expérience avec les Bleus, comment se passent ses premiers pas au sein du groupe ?
Maxime, c'est la première fois, mis à part les équipes de France jeunes, que je le côtoie. Ça se passe extrêmement bien. Il a un QI basket très élevé. Par contre, il va manquer d'expérience de jeu européen, ça c'est une certitude. Mais en tout cas, lors des entraînements, on voit que les opportunités qui s'offrent à lui, il sait les saisir. C'est un garçon qui comprend beaucoup de choses très vite. On a tous envie de voir ce que ça donne quand Victor sera avec nous. Pour l'instant, on n'a pas eu l'occasion de le faire. L'association avec Maxime pourra être super intéressante, mais elle peut être aussi avec Rudy, avec des meneurs de jeu, avec tout le monde. On a envie de l'avoir avec nous et avec Maxime, forcément.

Maxime Raynaud avec les Bleuets © FIBA

Zaccharie Risacher a connu une fin de saison compliquée en NBA. Dans quel état d'esprit est-il arrivé ?
L'état d'esprit est excellent. J'avais discuté avec lui pendant sa saison et surtout en début d'été. C'est quelqu'un qui a forcément été frustré de sa saison NBA. En tout cas, si on peut dire que le premier entraînement a été un peu compliqué, je pourrais dire que lors des derniers, j'ai retrouvé le Zaccharie que j'ai connu il y a un an puisque sa première saison NBA était très intéressante.

On a beaucoup de potentiel en France. On a beaucoup de très bons joueurs. Par contre, ça reste toujours des jeunes joueurs qui ont encore besoin de se développer. Je pense que ces fenêtres vont aider à avoir une meilleure version de l'équipe de France dans le futur. Pour ça, il faut qu'ils continuent à jouer. C'est le problème de certains qui partent très tôt aussi en NBA, c'est qu'ils n'ont pas forcément l'opportunité de continuer à se développer dans le jeu. Donc, l'équipe de France, c'est aussi une possibilité pour ces joueurs-là de continuer à montrer que ce sont des très grands joueurs de basket.

L'été dernier, vous aviez l'idée d'associer Élie Okobo à Matthew Strazel, qui ont tous les deux été sélectionnés après une saison éprouvante. Comment les avez-vous retrouvé physiquement et qu'attendez-vous d'eux ?
Je voulais les voir ensemble car ce sont deux très grands joueurs à Monaco. Je pense aussi que l'équipe de France leur fait du bien à ce moment-là de leur saison pour partir sur de nouveaux challenges. C'était une saison, là on peut le dire, mentalement très compliquée. Mais on a vu que c'était des grands champions et surtout des grands compétiteurs qui voulaient aller au bout. Donc un peu émoussés peut-être mentalement, mais ça ne s'est pas trop vu quand même, on a toujours vu à l'entraînement qu'ils ont une vraie connexion. Et c'est aussi l'occasion d'essayer de les voir jouer avec d'autres joueurs pour savoir comment ils se comportent. Donc on n'attend pas forcément toujours du bon, mais leur esprit de compétition fait que ça permet à tout le monde d'élever son niveau."

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