"Comment avez-vous appris que Portland vous avait coupé après un début de saison pourtant réussi ?
Je savais que c'était dans les tuyaux à cette période. Quand c'est arrivé, je n'étais pas surpris. Dans ma tête, j'étais déjà concentré sur la prochaine destination, pour savoir où j'allais pouvoir rebondir et être prêt.
Cette nouvelle ne vous a pas inquiété ?
Non, au contraire, j'ai vu ça comme une nouvelle opportunité. J'allais avoir un peu plus de temps de jeu et l'occasion de montrer d'autres choses. Ça fait du bien, pour un jeune joueur, de changer d'environnement pour pouvoir montrer ce qu'on vaut.
"À chaque match qui commence, on joue pour le gagner"
Vous n'avez passé que 48h sans contrat. Vous attendiez-vous à ce que cela se passe aussi rapidement ?
Non. Je savais qu'il y avait plusieurs options, mais mon agent attendait de toutes les voir. Après, il me les a présentées et on a décidé que Memphis était la meilleure.
Là-bas, vous signez d'abord un contrat de dix jours. Qu'est-ce qui a motivé votre choix de rejoindre les Grizzlies ?
J'avais plusieurs propositions de two-way dans d'autres franchises, mais je savais qu'à Memphis, j'allais pouvoir avoir du temps de jeu directement. Franchement, je n'ai pas eu plus de pression que ça. Je me sentais prêt à jouer et j'y suis juste allé en me disant que c'était que du basket, qu'il fallait juste montrer ce dont j'étais capable, jouer librement et après, ça s'est plutôt bien passé.
Comment avez-vous vécu la transition d'un rôle réduit dans une équipe qui se bat pour les play-offs à de grosses responsabilités dans une équipe de bas de classement ?
À chaque match qui commence, on joue pour le gagner. C'est pour ça que forcément, perdre, c'est toujours un peu relou. [sourire] Mais en tout cas moi, j'ai vu ça comme une opportunité de montrer ce que je valais.
À Portland, vous avez gagné votre place en défense. Puis à Memphis, on vous a vu dans un rôle plus offensif. Qu'est-ce qui vous a permis d'être aussi à l'aise en attaque aux Grizzlies ?
À Portland, je jouais 10-15 minutes, j'avais vraiment des missions défensives en fin de quart-temps. Je défendais sur les meneurs, toute mon énergie partait là-dedans. À chaque fois qu'il me faisait entrer, le coach me demandait de ralentir l'attaque adverse. À Memphis, forcément, j'avais plus de temps de jeu, donc ça veut dire plus de liberté. Mon côté naturel est ressorti, et ça m'a permis de faire quelques gros matches, donc c'était cool.
Justement, il y a une performance qui ressort, quand vous êtes devenu le septième Français à réaliser un triple double en NBA. Pouvez-vous nous raconter cette soirée ?
Après, j'ai reçu plein de messages, de notifications sur mon téléphone, mais franchement, c'était un match comme les autres. On avait quelques blessés et je sortais d'un match où je n'avais pas été assez agressif. Je me suis dit que je devais faire mieux. Et ça l'a fait, j'ai pris beaucoup de rebonds, j'ai poussé la balle en transition, j'ai eu pas mal de lancers francs. C'est pareil pour tous les basketteurs, mais forcément, quand on est bien dans le flot d'un match, ça donne une grosse performance.
🇫🇷 RAYAN RUPERT PLANTE 33 POINTS 🔥
— NBA France (@NBAFRANCE) April 5, 2026
SON RECORD DE POINTS EN CARRIERE !
Et... Excusez du peu, avec un Triple-Double !
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Bravo Rayan ! 🙌 pic.twitter.com/tTPlVaDJxg
Parlez-vous déjà avec des franchises en vue de la saison prochaine ?
C'est mon agent qui gère ça. La Free Agency démarre le 1er juillet, donc pour l'instant, je ne suis concentré que sur l'équipe de France, je ne me préoccupe pas trop de la NBA.
On voit beaucoup de joueurs français partager votre profil d'arrière-ailier, à la fois longs et grands, capables de tout faire sur le parquet. Qu'est-ce que cela dit de la formation française ?
Déjà, c'est forcément très bien pour l'équipe de France d'avoir des joueurs comme ça, grands, capables de jouer et de défendre sur plusieurs postes. Ça montre qu'on forme bien les basketteurs en France, que ça soit à l'INSEP ou dans les centres. Sur chaque génération, il y a plusieurs joueurs qui ressortent.
Au foot, certains parlent de la France comme le nouveau Brésil, peut-on dire que la France est les nouveaux États-Unis au basket ?
Je dirais qu'on est juste la France en vrai. On garde notre identité française. On ne joue pas comme les Américains, on a nos forces, le QI basket notamment. Comme je disais, ça montre surtout que la formation est très bonne.
Comment avez-vous appris votre sélection en équipe de France pour cet été ?
J'étais à Memphis, je crois que c'était vendredi 19, un peu avant le stage, mon agent m'a appelé. Après, j'ai eu Freddy Fauthoux au téléphone et il m'a dit que Frank [Ntilikina] ne pouvait pas être là, et qu'il aimerait bien que je puisse venir au stage. Donc voilà, je suis venu avec plaisir.
Votre sœur (Iliana) vous a-t-elle donné des conseils grâce à sa propre expérience avec les Bleues ?
Son vécu en équipe de France, je le connais déjà assez bien. On a beaucoup échangé sur les compétitions auxquelles elle a participé. Donc, elle m'a juste appelé, elle était très contente pour moi et m'a souhaité bonne chance, mais pas plus que ça.

Avec votre père (Thierry), votre sœur, votre beau-frère (Mathis Dossou-Yovo) et vous, votre famille pourrait devenir la plus représentée dans l'histoire de l'équipe de France. C'est une belle symbolique ?
Oui, je ne connaissais pas cette statistique. En plus avec Mathis qui fait clairement partie de la famille maintenant. C'est cool, franchement, c'est une fierté.
C'est votre premier rassemblement. Y a-t-il le même sentiment de devoir faire ses preuves qu'à votre arrivée à Memphis ?
Il y a un petit peu de ça, forcément, il faut montrer ses qualités. Après, l'équipe de France, c'est un truc à part, c'est moins business que la NBA. L'équipe de France, elle passe avant tout, c'est l'équipe en premier. Je vais essayer de montrer ce que je vaux, d'apprendre le plus possible, que ça soit en regardant les gars, ou en leur posant des questions. Voilà, on a quasiment les meilleurs joueurs d'Euroleague qui sont ici, donc c'est un basket un petit peu différent et j'essaie d'apprendre le plus possible.
Beaucoup de joueurs de la liste n'y étaient pas, mais avec la défaite en Finlande il y a quelques mois (83-76), ce match retour a-t-il une saveur particulière au sein du groupe ?
Oui, forcément, on a envie de prendre notre revanche. Freddy nous en a beaucoup parlé. Évidemment il y a d'abord le match face à la Belgique, sur lequel on est concentré, mais tout le monde a envie de battre la Finlande."

