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Interview : la « voix » du CSP parle de la passion du basket à Limoges

ostermannPour la 6e saison, Jérôme Ostermann est sur France Bleu Limousin la voix du CSP Limoges. Les médias ont une place centrale dans la passion que nourrit une ville, un département, une Région, pour le plus prestigieux des clubs français. Cette fois, pour Basket Europe, c’est lui l’interviewé.

 

Quelle est la couverture hebdomadaire du CSP sur France Bleu Limousin ?

Contrairement au Popu qui essaye de faire des articles tous les jours, on se concentre plus sur les matches, même si on est présents lors de la conférence d’avant-match. On fait des commentaires des matches en intégralité, à domicile et à l’extérieur. Il y a tout le temps ensuite pour des sujets les lendemains de match  avec des déclinaisons radio et web. Et puis lorsqu’il y a de l’actualité hors sport, comme récemment la venue de Marshall Glickmann (Ndlr : l’ancien président des Portland TrailBlazers, président fondateur de G2 Strategic, un cabinet de conseils auprès de plusieurs clubs en France dont le CSP), on la couvre également.

Très peu de radios diffusent ainsi les matches d’une équipe à domicile comme à l’extérieur ?

C’est le cas de France Bleu à Boulazac en Pro B. Pau aussi avec un pigiste à l’extérieur. Orléans fait les matches à domicile, je ne sais pas pour l’extérieur. A Strasbourg, ils couvrent les derniers matches de playoffs mais pour eux le principal c’est le foot même s’ils sont en Ligue 2. En dehors du réseau Radio France, il y a pas mal de radios locales privées qui couvrent le basket à domicile. C’est le cas à Limoges avec Flash FM, dans le Nord aussi.

 

« Lors de la reprise de la saison conjuguée avec le retour d’Ed Murphy, on a mis le paquet avec près de quatre heures d’émission »

 

Vous organisez aussi des débats ?

Un lundi sur deux, en alternance avec Brive, le CAB, en rugby, nous avons une émission intitulée Bleu, Blanc, Vert qui est consacrée au CSP. Sa durée s’est un peu réduite, passant de près d’une heure à une demi-heure sauf cas exceptionnel comme un match le lundi soir à Beaublanc. On rallonge un peu la durée et même parfois beaucoup comme lors de la reprise de la saison conjuguée avec le retour d’Ed Murphy. On a mis le paquet avec près de quatre heures d’émission avec notre consultant Bertrand Parvaud, l’ancien adjoint pendant quatre ans au CSP et bâtisseur au LABC en basket féminin, Jean-Christophe Bourdin, chef des sports du Popu, notre rédacteur en chef, Ed Murphy, Richard Dacoury, Jean-Michel Sénégal, Xavier Popelier, Pierre Dao, Frédéric Forte, deux autres journalistes, et moi-même, avec un débat sur la place du basket dans les médias.

C’est vous qui avez lancé la carrière de consultant de Frédéric Weis ?

Oui, c’est avec nous qu’il l’a vraiment démarré. Ça fait cinq ans qu’il est avec nous et il est toujours dans l’équipe mais comme il s’est engagé avec SFR notre consultant titulaire est désormais Bertrand Parvaud.

C’est un consultant incisif, pertinent. Il a progressé au fil du temps ?

Il a toujours eu sa personnalité, quelqu’un de plutôt marrant, qui a son franc-parler. Son rêve était de bosser à la télé et sa pugnacité commence à payer. Il a toujours été bon mais oui, il a progressé, relativement vite par rapport au cadre et à la spécificité de travailler sur un média audiovisuel.

Limoges est un cas très particulier en France, elle ressemble à une ville de foot. Dans ce contexte, y a t’il une chasse aux scoops avec Le Populaire ?

C’est le pré carré du Popu avec Matthieu Marot qui, je pense, travaille tous les jours sur le Limoges CSP. On est moins au taquet. Notre équipe est de manière globale beaucoup plus réduite que le journal. Je suis tout seul à Limoges au service des sports avec quelqu’un à Brive pour le rugby. Au Popu, ils sont 8, 9, 10 au service des sports sans compter les correspondants. Je suis actuellement en reportage sur quelque chose qui n’a rien à voir avec le basket. Si on peut sortir une info on le fait mais on est beaucoup plus concentré sur le fait de faire vivre le match à ceux qui nous écoutent.

 

« Il y a beaucoup d’expatriés limougeauds qui suivent le basket, en Amérique du Sud, en Europe de l’Est »

 

Les joueurs sont-ils surpris par cette médiatisation du basket à Limoges ?

Par l’environnement général, oui, que ce soit la pression populaire, celle que met certainement Frédéric Forte, les médias qui sont très présents à chaque conférence de presse voire au-delà. Quand il y avait les matches de Coupe d’Europe, avec les journalistes du Popu on se déplaçait avec les joueurs, parfois on logeait dans le même hôtel. Les joueurs se rendent compte qu’il y a une présence quasi quotidienne. J’imagine qu’il n’y a pas une telle présence sur tous les autres clubs de Pro A. Ceci dit, à Strasbourg, par exemple, il y a beaucoup de presse à tous les matches, dans le Nord aussi, il y a de la PQR (Ndlr : Presse Quotidienne Régionale) sur tous les matches de Pro A. Si le basket est bien suivi en France c’est par les médias locaux. Mais c’est vrai qu’à Limoges, quoi qu’il arrive il y aura la télé, la radio, la presse écrite, les sites Internet. Je pense par exemple à celui de supporters, Beaublanc.com, qui ne sont pas présents aux conférences de presse mais qui font des papiers d’avant-matches, d’après-matches, ils ont des forums, etc.

Sur France Bleu Limousin, les retombées sont-elles quantifiables ?

On n’a pas de sondages pour les matches mais l’outil Internet permet de quantifier un peu. On voit qu’il y a beaucoup de partages, de likes sur Facebook. La visite de Marshall Glickmann a été énormément partagée et commentée sur les réseaux sociaux. Certains trouvent ça intéressant, d’autres dénoncent une course à l’américanisation éventuelle de Beaublanc. Il y a aussi les connections sur le site francebleu.fr. Il y a beaucoup d’expatriés limougeauds qui suivent le basket, en Amérique du Sud, en Europe de l’Est et bien sûr dans d’autres villes en France. Là où on est sûr de faire un carton plein c’est sur les matches à l’extérieur non télévisés. Sachant que même si c’est télévisé, tout le monde n’a pas accès aux chaînes SFR. Dès lors que ça passe sur ce genre de chaînes encore un peu confidentielles, on est sûr d’être suivis. Mais donner un chiffre c’est vraiment très difficile.

C’est un paradoxe, Limoges possède la plus forte présence sur les réseaux sociaux, la passion en ville est sans égale en France, mais le CSP n’a pas la meilleure affluence de Pro A (5e avec 4 700 spectateurs) ni même le meilleur taux de remplissage (4e avec 88%) ?

Je n’ai pas d’explications quant aux sièges vides, je ne suis pas dans la tête de ceux qui ne viennent pas. Il faut voir la politique tarifaire du club. Les gens s’y retrouvent-ils au niveau des prix ? C’est quand même assez cher par rapport à la plupart des autres clubs de Pro A. Pour certains, il y a une forme de désamour, en tous les cas d’attentisme vis à vis de cette équipe qui a beaucoup déçu l’année dernière. A côté de ça, il ne faut pas oublier qu’en N1 la moitié de la salle était pleine et qu’elle avait affiché complet lors du derby contre Poitiers. C’est vrai qu’en ville c’est très partagé. Pour parler franchement, il y en a qui détestent Forte mais qui vont continuer d’aller à la salle, d’autres qui ne vont plus y aller, ceux qui à l’inverse apprécient ce qu’ils font et vont voir les matches… Le fait que ce ne soit pas totalement plein est au cœur de la visite de Marshall Glickmann à Limoges (voir l’article de France Bleu Limousin). Ce qu’ils veulent c’est à la fois garder le public historique, ce qui est très important pour faire vivre le Limoges CSP. Si le club a de bonnes finances c’est d’abord grâce à ses supporters qui, au-delà de leurs impôts, payent leurs places ou leurs abonnements. Mais le club veut aussi attirer un nouveau public, séduire la clientèle d’aujourd’hui et de demain, élargir la gamme tarifaire, pour justement remplir les derniers sièges et faire guichets fermés à toutes les rencontres, ce qui est possible.

 

Photo : France Bleu Limousin

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