FFBB Livenews

Vincent Pourchot (2,22m) : des rêves de NBA à la N2

Vincent Pourchot, 24 ans, joue en Nationale 2, au Besançon Avenir Comtois dont l’ailier des Clippers Luc Mbah a Moute est le parrain. La chute est brutale pour le plus grand basketteur français de tous les temps. 2,22m. Avec un tel attribut, forcément, les trois lettres magiques NBA se sont enfoncées un jour dans sa tête.

Mais rien n’a jamais été simple pour ce super géant qui fut vice-champion d’Europe juniors en 2009 avec Evan Fournier et Léo Westermann, et encore vice-champion d’Europe U20 en 2012 en doublure de Louis Labeyrie et Rudy Gobert (4,0 pts et 2,8 rbds). Ainsi, à l’INSEP il a souffert d’une pathologie tendineuse au niveau de ses genoux. Sa présence sur les terrains était forcément limitée.

Trop grand, trop lent

Un soir, face à Pau, il réalise avec les espoirs de Nancy une performance hallucinante : 26 points, 26 rebonds, 15 contres et 62 d’évaluation mais jamais il n’a sa chance chez les pros. Un seul match joué en deux saisons.

« Je savais très bien que ce n’était pas la spécialité de Jean-Luc Monschau de lancer les jeunes mais je lui en veux pas du tout. J’ai appris le haut niveau en m’entraînant avec les professionnels, j’ai pris de l’expérience, » dira t-il à Basket Hebdo.

A Lille, le changement d’entraîneur, Abdou N’Diaye contre Cédric Binauld, lui coûte définitivement sa place. Il se retrouve au chômage, déjà. Trop lent pour être efficace dit-on de lui. Durant l’été 2014, il se forge une stature, passant de 105 à 125 kilos et il est contacté par Charleville-Mézières qui demeure en Pro B.

« Cela peut paraître un peu surprenant mais avant de le faire venir, j’ai demandé l’aval de mes joueurs parce que Vincent Pourchot nécessite qu’on adapte complètement l’entraînement, » confie alors le coach Cédric Heitz à Basket Hebdo.

Il a enfin un peu de considération et se voit offrir la première année 15 minutes en moyenne pour 7,4 pts et 4,2 rbds. Il a alors le moral en hausse.

« Je ferai les choses étape par étape mais je sais où je veux aller », projette t-il. « Mon plan idéal de carrière, ce serait de monter en Pro A et après de jouer en Euroleague. Pouvoir être dans une grande équipe d’Europe avec des grands. »

1 000 euros au chômage

Mais la deuxième saison est un peu moins convaincante (5,1 pts et 4,2 rbds) et surtout Vincent se retrouve à quai à l’issue de celle-ci. Un rejet qui devrait faire honte à tout le basket français. Ce nouveau passage à Pole Emploi est forcément une douloureuse expérience comme il vient de le raconter au Républicain Lorrain.

« C’est clair, tout ça n’était pas prévu. Le moment est compliqué à gérer. Comme ma période de chômage. Avec 1 000 euros mensuels, on ne va pas loin. J’ai dû changer d’appart, en prendre un pourri et moins cher. Je n’en pouvais plus de patienter. De mai à octobre, c’est ouf… Six mois de galère mentale. J’ai même songé à travailler autrement. »

21 points contre le leader

Sa famille et sa copine lui ont permis de tenir bon, il continue de s’entraîner avec Charleville, et Besançon coaché par Nicolas Faure, un ancien de la JDA Dijon, lui tend la main. Il signe un vrai contrat, assure-t-il, qui lui permet d’être mieux rémunéré qu’à Charleville avec un appartement en bonus. Un investissement à moyen terme pour le club et aussi un coup médiatique. Ce n’est pas tous les jours qu’une recrue de N2 a droit à un reportage dans Stade 2.

Le week-end dernier, en sortant du banc, Vincent Pourchot a inscrit 21 points dont 14 au cours des deux prolongations pour vaincre le co-leader Pont-de-Cheruy alors que le style de jeu de la N2 n’est absolument pas fait pour lui.

Le Messin n’a que 24 ans, suffisamment jeune pour espérer rebondir un jour même s’il ne connaîtra certainement pas la destinée de ses camarades de promo, millionnaires à Utah et Orlando.

Commandez le magazine papier Basket Europe
Commentaires   |  7 commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

  • ChapeauMelon44 dit :

    Après faut en finir avec le mythe du très très grand en basketball, on n'est plus en 1990.

    Aujourd'hui énormément de joueurs allient à la fois vitesse et détente impressionnante, ce qui vaut bien plus qu'un type qui dépasse allègrement les 7 pieds sans rien d'autre à coté, ou presque.

    La plupart des sevens footers et + qui percent aujourd'hui sont ceux qui étonnent par leur mobilité. Même un Gobert a déjoué les attentes à ce niveau là.

    • Xavito04 dit :

      C'est exactement ça.
      Maintenant il faut être grand ET mobile.
      Avec en outre le développement du small ball et l'utilisation de plus en plus parcimonieuse du jeu poste bas, les très grands, plutôt lents, à l'aise sur demi-terrain n'ont plus d'avenir en NBA (et ne sont plus aussi recherchés en Europe).

    • thorsk dit :

      Tout à fait d'accord.
      On nous vend un grand, mais s'il n'a que ça (donc pas une grosse mobilité/détente, pas rugueux, pas une grosse technique) il n'ira pas loin. En jeunes, le physique suffit parce que des freaks il n'y en a pas 10 par classe d'age, mais en pro la concurrence est beaucoup plus forte et forcément il y en a qui tombent de haut.

  • txiks80 dit :

    Comment ça se fait qu'un mec de 22 ans qui tournait à 7,4 pts et 4,2 rbds puis 5,1 pts et 4,2 rbds se retrouve sans contrat du tout ?

    C'est peut-être pas Anthony Davis, mais le mec ça va, il apporte quand même un truc à l'équipe là.
    Il n'était pas non plus à 2pts-1rbs en 4 bouts de match joués

    • ChapeauMelon44 dit :

      Si on lit correctement l'article, on apprend qu'il faut carrément réadapter tout l'entrainement d'une équipe entière pour inclure ce joueur.

      Les stats c'est bien jolies mais elles sont obtenues à quel prix ? En ralentissant le jeu ? C'est anachronique avec le basket d'aujourd'hui et ça représente un bien trop gros sacrifice pour un joueur qui n'est pas voué à jouer plus de 15 minutes.

  • cycyP3 dit :

    Dans l'intro j'aurai plutôt écrit "le basketteur français le plus grand de tous les temps" 🙂

  • MarcusMokake dit :

    A Lille (club que je couvre), il a surtout été blessé et l'équipe a tourné honorablement sans lui. A l'époque, il se déplaçait vraiment difficilement et il était impossible de faire le moindre jeu rapide avec lui sur le terrain. Le mec est sympa mais il était inexploitable sur trop de phases de jeu.