Basket Europe Tour : Etape numéro quatre, Bologne !

Corentin Rodriguez
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Après Milan, allons plus au sud, en Emilie Romagne. Terre très dangereuse pour tout gourmand qui se respecte. Cœur culinaire de l’Italie c’est aussi une terre de basket ! Avec deux équipes en Lega A et de nombreuses équipes en Lega Due. L’Emilie Romagne a pour capitale Bologne, ville surnommée « Basket city ». Je m’y rends pour vous la faire découvrir.

Mon train en provenance de Milan aura été rapide et animé par le passage dans des gares évocatrices, Parme, Modène ou encore Reggio Emilia. Tant de villes regorgeant d’histoires fascinantes ! Au bout d’une poignée d’heures me voilà à Bologne. Après m’être muni d’un plan, je me rends à l’auberge de jeunesse pour déposer mes affaires. Je me rends ensuite dans le centre-ville pour le découvrir.

Siège de l’une des plus anciennes université européennes, Bologne est une ville avec une vie culturelle intense et un patrimoine historique impressionnant. En se baladant dans la ville, on croise l’époque étrusque, romaine, moyenâgeuse et la Renaissance. Comme Marseille plus tard, Bologne aura été capitale européenne de la culture en l’an 2000. C’est donc des magnifiques portiques qui nous accueille dans la ville; elle compte environ 38 kilomètres de portico. Mais aussi de nombreuses tours. Sur la centaine qu’elle dénombrait durant l’ère médiévale, la ville en conserve une vingtaine aujourd’hui. Et c’est avec un peu de vertige que je les découvre au fur et à mesure de mon avancée dans la ville « rouge ». Bologna la rossa a obtenu ce qualificatif grâce à la couleur de ses tuiles mais aussi grâce au statut de place forte de la gauche italienne.

La rivalité Virtus-Fortitudo

Une fois arrivé sur la Piazza Maggiore, place centrale de la ville, je me sens animé d’une furieuse envie de vivre, vivre au rythme de cette ville étudiante (80 000 étudiants, un habitant sur cinq de la ville). Et c’est ainsi qu’avec une certaine voracité, j’avale les pavés de la ville pour découvrir ses monuments. Fontaine de Neptune, Tour des Asinelli, basilique San Petronio et San Stefano. Pour autant je n’en oublie pas le basket.

Je questionne chaque habitant que je connais sur la rivalité Virtus-Fortitudo et j’essaie de m’arrêter à chaque boutique de sport pour découvrir ce qu’elles proposent comme articles de basket. Bologne c’est la ville de deux géants du basket italien. La Virtus Bologna et la Fortitudo Bologna. Ces deux noms étant communs dans le basket italien (voir Fortitudo Agrigento ou Virtus Imola). Ces deux termes latins en disent long sur les valeurs des clubs. Virtus signifiant vertu, c’est-à-dire la force morale tandis que Fortitudo signifie courage, bravoure ou vaillance. On y trouve plusieurs références dans la ville sous forme de graffitis ou de stickers. On m’a d’ailleurs fortement conseillé de ne pas évoquer l’un ou l’autre club dans certains établissements. Ambiance.

De retour à l’auberge, je me mets en quête des terrains de basket que la ville abrite. Ils sont très nombreux et ont une fréquentation variable. A Basket City, comme ailleurs il faut connaître les playgrounds les plus en vue pour maximiser ses chances de rencontrer des joueurs. Mon choix se porte donc sur celui du Parc Giardino Graziella Fava qui est un des plus fréquenté à cette période de l’année. Demain j’irai donc y faire un tour. Pour le moment je dois reposer mon genou douloureux et pourquoi pas déguster le fameux ragu alla bolognese, oubliez donc les spaghettis à la bolognaise !

Le lendemain c’est à neuf heures que je me lève pour aller découvrir le reste de la ville. J’emboite les pas de Dante, Pétrarque et Umberto Eco pour aller me balader du côté de l’université, des Piazze et des Palazzi. Mais surtout visiter la torre Asinelli, un des symboles de la ville. Quinze minutes d’ascension pour autant de bonheur. Du haut de la tour on voit toute la ville, les autres tours et certains disent même que les jours de beau temps, on peut apercevoir la mer. Le temps de redescendre, de me restaurer et de me changer et à moi le terrain du Parc Giardino Graziella Fava.

Entrée au Paladozza

A peine arrivé, il y a déjà pas mal de monde sur le terrain, la grande diversité culturelle attire mon attention. Philippins, Africains et bien sur Italiens ! On parle toutes les langues et on se charrie beaucoup ! Mais après 30 minutes de jeu, il commence à pleuvoir. Après s’être réfugier sous un arbre je fais la connaissance de quatre solides gaillards, joviaux et bavards. Nous discutons longuement sur l’environnement de Basket City et avec l’un d’eux, Giulio, nous échangeons nos numéros de téléphone. « Tu aurais dû venir il y a 15 ou 20 ans, à l’époque doré de Basket city. Mais ne t’inquiète pas, encore aujourd’hui tu trouveras des fans un peu partout ! » Une fois la pluie arrêtée nous reprenons le jeu. L’après-midi se termine avec une série de trois victoires de suite pour mon équipe. Heureux et fatigué, je me dirige vers mon auberge de jeunesse, demain une grosse journée se prépare. Fortitudo Bologne et Virtus Bologne au programme.

Je me lève tôt ce matin pour me remettre en tête la localisation du Paladozza, des boutiques des deux clubs et leurs sièges.  Et c’est muni de mon sac à dos, bien rempli que j’avale les kilomètres à pied, sur ma route j’ai la chance de pouvoir admirer des églises magnifiques nichées entre les habitations mais aussi la Porta San Felice restauré en 1805 pour la visite de l’empereur Napoléon Ier en Romagne. J’arrive en fin de matinée à la boutique de la Fortitudo Bologne. Malheureusement je ne suis pas au bout de mes peines, après être resté sans réponse pour la visite des locaux du club et l’interview de leur effectif, j’essuie également un refus de lorsque je demande à filmer la boutique, pourtant très belle. J’aurai un peu plus de succès ensuite avec celle de la Virtus. Puis en me faufilant entre les travailleurs du chantier, je réussis à rentrer au Paladozza, cathédrale du basketball bolognais. Siège de nombreux affrontements épiques entre les deux équipes, il sera encore cette année un socle de la scène basket italienne. Et même si la salle est en travaux et que tout n’est pas en place, il me vient un sentiment profond : « Il est des lieux où souffle l’esprit ». Ces mots de Maurice Barrès résonnent dans ma tête pendant le quart d’heure que j’ai passé assis dans la Curva Calori.

370 abonnements en une journée

Au moment de quitter l’arène, je reçois des nouvelles de Giulio, il me précise que depuis 2017 la Virtus Bologna a rejoint la Fortitudo dans cette salle, surnommée « Il Madison », en référence au Madison Square Garden de New York. Les deux équipes jouant dans la même arène, la mairie de Bologne a choisi de décorer le parquet au couleur de la ville, en Bordeaux/ Grenat (dédicace à mes collègues messins). Puis il me propose de jouer le soir même un match avec des amis à lui sur un terrain éclairé. Enjoué, j’accepte immédiatement et je me dirige vers le nord de la ville.
En effet, avant de pouvoir enchainer les pertes de balles et les « air ball » je dois me rendre au siège de la Virtus Bologne. Invité par Marco, mon contact au club, c’est le cœur léger que je rends à la Palestra Porelli.

Je suis accueilli sur site par un magnifique terrain de basketball tout neuf. Puis je suis rejoint par Marco tout sourire qui me fait visiter les locaux du club où se pressent nombre de tifosi. Le club commence la campagne de renouvellement d’abonnement en fanfare avec environ 370 abonnements pour la première journée (ils atteindront 3 613 pour la phase de préemption). Adorable, rieur et disponible Marco est une bible vivante du basket bolognais et de la Virtus. Il me présente le club : « La Virtus Bologne, un des clubs les plus anciens de la ville. Elle fut créée en 1922. Au départ c’était un club d’escrime et de gymnastique. Et c’est en 1929 que le club créa une section basketball et participa pour la première fois au championnat d’Italie en 1934. Bien avant, le Paladozza ou l’Unipol Arena, la Virtus jouait à la Sala Borsa à côté de la place Neptune, tu sais la fontaine où il y a la statue de Poséidon ? Et bien c’est là ! Maintenant c’est la bibliothèque de la ville. C’est fabuleux non ? A l’époque le sol n’était pas adapté au basketball. C’était du carrelage. Tu peux aller faire un tour à la bibliothèque tu verras ! »

Forte, franco, fermo e fiero

Amusé et captivé par la présentation de Marco je le suis à travers de la salle des trophées, puis nous passons une porte et j’entends des crissements de chaussures sur le parquet et des bruits de la balle, l’équipe professionnelle ? Non, malheureusement elle revient de Sardaigne et n’est pas disponible. Le coach ? Non plus, il a dû décliner pour des raisons personnelles. Marco ouvre la porte et je découvre la salle d’entraînement du club où une équipe U15 s’entraîne avec une grande intensité. Quel héritage à porter pour ces jeunes pouces, tous les titres du club et ses valeurs sont affichés en grand dans la salle. Celles-ci reprennent le premier logo du club. « Le premier logo du club affichait quatre F, ceux-ci reprenaient les valeurs suivantes fortefrancofermo e fiero ».

La visite se termine avec la rencontre de Luca, le manager de l’équipe et je décide de soumettre à la question les deux compères. Vous pourrez bientôt retrouver leur interview en vidéo. J’ai passé un très bon moment à visiter ce club légendaire. Et c’est avec des étoiles plein les yeux que je quitte la Palestra pour me rendre chez Giulio et aller jouer au sud de la ville. Les retrouvailles avec Giulio sont joyeuses et affectueuses, sicilien d’origine, comme moi, ce garçon a une mémoire basket incroyable et notre trajet est ponctué de souvenirs de matchs. Mon esprit ne cesse de vagabonder dans les méandres du basket italien de première et deuxième division. Le temps d’arriver au terrain où nous retrouvons 8 autres joueurs. Tous plus âgés que moi, d’un certain âge pour certains, j’ai tout de suite su que le peu de QI basket que j’avais serait soumis à rude épreuve. Ici on défend en zone, je n’avais pas l’habitude et du coup j’ai pris quelques tirs sur la truffe. C’est une des parties les plus sympas que j’ai eu à jouer, on se charrie, on fait tourner la balle et au cours de la partie certains noms mythiques sortent : Jugoplastica, Fortitudo ou encore Panathinaikos. Malgré mes quelques balles perdues, j’ai passé un très bon moment. Une fois le match terminé nous avons longuement discuté du basket français et européen. C’était très instructif et passionnant. Une fois étiré et mes affaires regroupées mon ami italien me ramène à l’auberge, demain je pars pour Ljubljana, à la découverte du basketball slovène.

Rendez-vous au prochain épisode !

Photo en ouverture: David Cournooh lors du derby.

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