JO – Athènes’04 (1) : Les Américains scalpés

Pascal Legendre
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Les Américains ont perdu davantage de matches en deux semaines à Athènes qu’en 68 ans de Jeux Olympiques. Et le monde entier n’a pas caché son plaisir de les voir tomber à terre.

Ce n’étaient finalement pas des mauvais bougres. Rien à voir avec les vaincus de Munich, qui en colère, refusèrent de recevoir leurs médailles d’argent. Ou avec ceux de Montréal qui entamèrent en plein match une danse de Sioux pour célébrer leur victoire sur la Yougoslavie. Ni même avec les blagues à deux balles de Charles Barkley, à propos des Angolais, à Barcelone. Pas de frime, si peu de gestes de mauvaise humeur. L’assurance verbale de Carmelo Anthony, qui dès le premier rassemblement en Floride, promettait l’or ? Juste une fanfaronnade. Que son coach Larry Brown ravala aussitôt au rayon des gamineries. Les poussées d’adrénaline de Tim Duncan vis-à-vis de l’arbitrage ? Avouons que ce n’est pas si facile de s’habituer en quelques semaines à des règles et des jugements différents. Et comment ne pas mettre en exergue le comportement exemplaire d’Allen Iverson, qui possède autant de hiéroglyphes sur le corps que l’obélisque de la place de la Concorde, et au passé de quasi délinquant ? « C’est un honneur de venir ici pour représenter son pays, » dira-t-il lors d’une conférence de presse suite au match perdu contre l’Argentine, une casquette de New York trop grande sur la tête. Et de poursuivre la leçon de civisme à l’égard des sourds et des malentendants de la NBA : « C’est quelque chose que vous chérirez pour le reste de votre vie, et honnêtement, c’est quelque chose que je chérirai sans avoir gagné la médaille d’or. » Shaq, T-Mac et Kevin Garnett avaient-ils leur poste de TV allumés à ce moment-là ?

« Je suis très fier de ces jeunes Américains, » dira David Stern, le commissionner de la NBA, responsable de la création du concept de la Dream Team et de tout ce qui a suivi.

Photo: Lebron James

Caricatural

Et pourtant, le public d’Athènes, y compris la tribune de presse, et même, semble-t-il, pas mal d’Américains (1), tout le monde s’est levé, et a applaudi quand la statue de commandeur des Etats-Unis est tombée. Pas forcément pour les mêmes raisons.

Les Américains craignaient pour leur sécurité, c’est sur le terrain qu’ils ont été victimes d’attentats à répétition. La première déflagration a été étendue aux quatre coins de la planète. Une défaite par 19 points de marge (73-92) contre Porto-Rico, sans vraies références internationales, qui faisait appel à un quadragénaire comme intérieur titulaire, José Ortiz, et à un môme de 19 ans pour le remplacer, Peter John Ramos, C’était la première défaite des pros de la NBA aux Jeux, et quel carnage ! La plus grosse trempe reçue par les Américains, qui ne s’étaient inclinés jusque-là que deux fois, de peu, à Munich (1972) et Séoul (1988), face à l’URSS, autant dire, à l’époque des dinosaures.


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Article paru dans Maxi-Basket en septembre 2004


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