Basket Europe Tour : Etape numéro trois, Milan !

Dylan De Abreu
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Après l’Espagne, terre de mes racines, direction l’Italie, une autre terre ô combien chère à mes yeux. Première étape, Milan, capitale de la mode italienne et siège de la bourse italienne. Mais aussi et surtout la ville des Red Shoes, le club de basket de l’Olimpia Milano.

Cinq ans, cinq ans que je n’avais pas mis les pieds en Italie, ici sont mes racines et ma famille. Et c’est avec plaisir que je retrouve la dolce vita italienne. Il est 11 heures lorsque j’arrive dans le centre de la ville, le temps de passer à l’auberge de jeunesse, déguster une pizza et me voilà dans le métro en direction d’Assago, quartier où se trouve le Mediolanum Forum, siège du club et salle où l’Olimpia dispute ses matchs.

Trente minutes de métro et me voilà en face de l’arène. Le temps de faire le tour pour arriver devant les bureaux et je me retrouve en face d’un Piaggio Ape. Sorte de petit camion à trois roues aux couleurs du club. Ce petit détail folklorique m’a bien fait sourire avant de passer la porte d’entrée du club. Là, l’hôte m’invite à attendre devant plusieurs trophées exposés. S’y trouvent une coupe des clubs champions, deux championnats d’Italie, une coupe d’Italie et des supercoupes. Cette haie d’honneur m’a impressionné. Cinq minutes se sont passées et Claudio, le chargé de communication du club vient m’accueillir.

Le temps de discuter de mon voyage et nous rentrons dans le vif du sujet. L’Olimpia Milano. Club ô combien titré et champion d’Italie en titre m’ouvre les portes de sa salle des trophées. Nous commençons par les coupes installées dans l’entrée. L’occasion également d’observer les maillots réalisés pour les 80 ans du club, ceux de Mike d’Antoni et Bob McAdoo, qui n’avaient pas pu leur être remis lors de la cérémonie en question. Puis Claudio m’emmène vers celles qui sont exposées à la vue de tous, dans le couloir, comme pour rappeler le devoir d’exigence et d’engagement qui incombe aux administratifs et joueurs du club. Ici c’est la maison des Red Shoes, le premier club à ramener des gros prospects américains en Europe, le club le plus titré d’Italie et enfin le seul encore présent en Euroleague. Avec trois coupes des clubs champions, trois coupes des coupes et deux coupes Korać. Sans compter les 28 Scudetti, « vivement qu’on en gagne encore deux ! » me confie Claudio, les six coupes d’Italie et les deux supercoupes d’Italie.

Pourquoi deux Scudetti me direz-vous ? Et bien en Italie, les titres de champion (Scudetto) sont très importants et représentent votre suprématie sur la Botte pendant une saison. De plus, au bout de 10 titres vous obtenez le droit d’afficher une étoile supplémentaire sur votre maillot. Ainsi deux Scudetti supplémentaires, permettraient au club de la capitale Lombarde de se voir octroyer une troisième étoile.

 

Le programme Armani

Ainsi, à bien des égards le club milanais est exceptionnel comme je vous le contais dans l’œil du collectionneur (https://www.basketeurope.com/livenews-fr/415720/la-rubrique-loeil-du-collectionneur-olimpia-milano/). Et c’est bien cet exceptionnel raffinement, semblable à cette sublime cité milanaise, que le club des Red Shoes veut afficher aux yeux du monde. Cela passe par des superbes spectacles 3D en amont des matchs, le but étant de montrer aux supporters que Mediolanum Forum est un lieu de fête. Des nouveaux maillots d’Euroleague simples mais sublimes et une communication impeccable. En effet, lorsque Claudio nous fait faire une halte au service communication, qu’il dirige. Là, s’affaire une poignée de jeune gens souriants et agréables. C’est avec un réel intérêt qu’ils me montrent leur matériel, fond vert, caméras professionnelles, trépieds entre autres dénotent d’un grand professionnalisme qui se retranscrit dans leurs créations.

« Notre but est de faire venir les gens à la salle. Pour cela nous avons la communication bien sûr. Mais nous avons aussi un programme dont nous sommes très fiers. Le programme Armani qui permet aux tifosi d’avoir de nombreux avantages. Notamment une journée où beaucoup d’activités sont organisées pas loin d’ici. Une fan zone complète avec des jeux, des matchs de basket entre fans, la rencontre avec le staff du club et enfin avec les joueurs qui viennent discuter avec ceux qui les suivent au quotidien. Puis enfin, le match le soir. C’est un programme qui a beaucoup de succès. Puis nous avons un deuxième programme très orienté famille et jeunes gens qui permet aux ménages de venir au match à des tarifs avantageux et de fidéliser les futurs tifosi. Car c’est eux qui feront le futur du club ! »

Nous avons ensuite abordé le thème de la billetterie. La salle d’Assago, le Mediolanum Forum fait environ 12 000 places en configuration basket. Le but du club milanais est d’augmenter sa fréquentation pour pouvoir atteindre un guichet fermé à chaque match. Mission compliquée mais pas impossible : « Nous étions à environ 4 000 personnes par match l’année dernière. Notre objectif est de passer à 4700 environ, comme il y a deux ans, quand nous avions établi un record dans l’histoire du club ». Pour s’en donner les moyens, le club a engagé une politique de communication importante dans toute la ville. C’est simple, les principales stations de métro avaient toutes plusieurs cartels « Follow the Reds » dans leur enceinte.

 

Un impressionnant système de caméras

Et le staff de l’Olimpia Milano peut se permettre de rêver. En effet, si le club milanais doit composer avec la concurrence de deux géants du football italiens (l’AC Milan et l’Inter Milan), l’équipe s’est armée de recrues de haut niveau pour décoller des bas-fonds de l’Euroleague. Nemanja Nedovic, Amedeo Della Valle, Mike James, Christian Burns et Jeff Brooks ont rejoint la machine milanaise. Tandis que le club a obtenu les très bonnes prolongations de Vladimir Micov et Kaleb Tarczewski. Cet effectif m’a tout de suite paru séduisant. Et c’est avec grand plaisir que je suis Claudio qui m’emmène vers la salle d’entrainement par un couloir richement décoré de photos de fans et de joueurs. Je frémis à l’idée de pouvoir enfin entrer dans une salle qui m’a tant fait rêver. Cette salle d’entraînement est celle dont j’avais le souvenir, grâce aux diverses vidéos que j’ai vu apprécier. Spacieuse, au couleur du club et avec un toit garni par les numéros retiré par le club et les bannières de champion. Impressionnant. Cette salle, si elle n’est pas si spacieuse que celle que j’avais visité au Real Madrid, a quelque chose d’autre, quelque chose en plus, la trace d’un lourd héritage qui est là pour rappeler aux joueurs que jouer ici est un honneur.

Ce n’est pas tout, alors que les joueurs font des travaux physiques, Claudio m’emmène sur le côté gauche pour me parler de la dernière acquisition du club. « Là, là, là et là mais aussi sur les côtés on a installé un système de caméra qui nous permet en temps réel de voir les espaces créés, la position des joueurs et beaucoup d’autres choses. Mais ce système permet aussi de calculer des statistiques individuels et de partager tout cela via une application commune sur smartphone, tablette et ordinateur ». Le système dont Claudio me montre les prouesses permet aussi d’être projeté sur un écran au bord de la piste, pour passer immédiatement de la théorie à la pratique et vice et versa. C’est réellement impressionnant et ce n’est pas terminé, avec la visite de la salle de musculation qui se trouve juste à côté du terrain. Entièrement équipée par un des partenaires du club, la salle est spacieuse et on peut facilement s’imaginer les heures de tortures subies par les joueurs de l’Olimpia.

Au sortir de la salle de musculation, nous avons seulement le temps de saluer l’entraîneur Simone Pianigianni et les joueurs, puis nous revenons aux bureaux. Malheureusement, une fois encore, je ne pourrai pas interviewer les joueurs, ils terminent leur préparation et doivent prendre un avion dans quelques heures pour aller disputer un tournoi en Sardaigne. On retrouve donc le reste de l’équipe administrative, le moment pour moi de remercier mes hôtes et de m’en aller. S’en aller cent mètres plus loin pour aller visiter la boutique du club, ouverte toute la semaine et les soirs de match. Complète, elle propose tous les équipements pour pratiquer notre sport et comporte une décoration sympathique faite de photos de matchs et de maillots signés. Une fois mon petit tour terminé, direction le centre de la ville pour aller voir le fameux Duomo.

Un beau playground milanais

Monument présent sur le logo du club milanais, c’est la troisième plus grande Eglise du monde. Sa construction a commencé en 1386 et s’est terminé en 1913. Contreforts, arcs rampants et pinacles forment un ensemble semblable à un hérisson nacré dont les détails semblent sans fins. La piazza del Duomo est monumentale et renforce le caractère puissant que l’on peut aisément donner au monument. Après un bon quart d’heure de sidération devant cette beauté nouvelle à mes yeux, je quitte l’endroit pour me balader sous la Galleria Vittorio Emanuele II, une galerie commerçante de style néo-classique, qui, je dois l’avouer à un certain cachet. Une fois passé de l’autre côté de cette galerie, je tombe nez à nez avec la statue du génie Leonardo Da Vinci. Connu en France notamment pour avoir peint la Joconde il a été longtemps au service de la maison Sforza qui gérait la ville de Milan de son temps. La statue est située Piazza della Scalaen face du fameux Opéra du même nom. Autant dire que le centre-ville de Milan est gorgé d’histoire où qu’on aille et que c’est un plaisir de s’y plonger.

Ce n’est que le lendemain que j’explorerai davantage l’histoire milanaise en me rendant au Castello Sforzesco, le château des Sforza avec Idriss, un camarade nigérian rencontré à mon auberge. C’est à la fin de la République ambrosienne, en 1447, que les Sforza atteignent le pouvoir à Milan, Francesco devenant duc de Milan. C’est lui qui ordonna de faire construire ce château qui devint la résidence des ducs de Milan, Da Vinci notamment travaillera sur les plans de celui-ci comme tous les plus grands artistes milanais. Ce château est un ravissement pour les yeux. Enfin, derrière celui-ci est planté le Parco Sempione, parc immense, véritable poumon vert de la ville (386 000 m² ) qui porte en son sein le plus beau playground milanais. Rénové par un équipementier, « I will » est inscrit sur un sol coloré parfaitement optimisé pour jouer au basket et les paniers ont même des filets ! C’est avec plaisir que nous croisons un garçon venu là avec son ballon pour enchaîner les tirs. Il est cependant encore trop tôt pour rencontrer des joueurs. Et c’est donc après 30 minutes de séances de shoot que nous continuons notre route à travers les rues de la cité milanaise.

Merci à Claudio et à toute son équipe pour son accueil et sa gentillesse !

Prochaine étape : Bologne

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