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Euroleague : Treize ans plus tard, l'Olympiakos remporte le Final Four à Athènes, Evan Fournier MVP !

Après treize ans de disette et quatre échecs consécutifs au Final Four, l'Olympiakos a pris sa revanche sur le Real Madrid en finale de l'Euroleague ce dimanche (92-85). Evan Fournier (20 points) est élu MVP du Final Four !

Evan Fournier © Euroleague

Par notre envoyé spécial à Athènes

Fabien Causeur avait prévenu sur Twitter : "Je ne connais pas d'équipe plus dangereuse que le Real Madrid en position d'outsider." Double vainqueur de l'Euroleague avec la Maison Blanche, le Français ne croyait pas si bien dire. Alors qu'on ne donnait pas cher de leur peau face à l'Olympiakos après la blessure d'Usman Garuba, qui s'ajoutait à celles de Walter Tavares et Alex Len, les Espagnols ont bien failli briser les rêves des Athéniens à domicile.

Malgré un Trey Lyles auteur de 21 points en première mi-temps, le Real a fini par plier en fin de match (92-85). La faute notamment à un excellent Evan Fournier (20 points, 4 passes décisives), MVP du Final Four, qui a sonné la révolte en début de match, puis a scellé le succès des siens en fin de rencontre pour s'adjuger le premier titre international de sa carrière. À ses côtés, Moustapha Fall et Frank Ntilikina sont également titrés. Depuis la refonte de la compétition sous forme de championnat, c'est la première fois qu'une équipe ayant terminé la saison régulière à la première place remporte le titre final.

L'OAKA s'est tue...

Malgré le statut d'immense favori qu'occupait l'Olympiakos, une tension indescriptible s'est faite ressentir dès l'entre-deux. En témoigne le premier litige arbitral, qui ne s'est pas fait attendre très longtemps. Après 80 secondes de jeu, le MVP Sasha Vezenkov commettait la première faute offensive de la partie. Au revisionnage, malgré les grondements du public, les officiels n'ont pas changé leur décision, intensifiant déjà l'hostilité à leur égard en tribunes.

Une frustration logique, puisque c'est le Real Madrid qui réalisait la meilleure entame de match. Auteur de 10 points en l'espace de 3, Trey Lyles, dont l'importance était décuplée ce dimanche, permettait aux outsiders de prendre une belle avance tôt dans la rencontre (3-12, 4e). Moment choisi par Sasha Vezenkov, déjà très bon il y a trois ans dans le même contexte, pour enchaîner deux and one et permettre aux siens de remonter (12-15, 6e).

Malgré cette mise en route grecque, Lyles a ponctué son premier quart d'un nouveau tir primé, avant que Mario Hezonja, Andres Feliz et Théo Maledon fassent mouche en pénétration (17-26, 9e). Rythme qu'ils ont conservé pour lancer le deuxième quart, à l'instar d'Alberto Abalde, qui envoyait déjà sa deuxième bandrille de la soirée à longue distance (19-29, 11e).

Fournier l'a rallumée !

Après le premier quart timoré de ses starters, Georgios Bartzokas a fait confiance à son banc pour recoller. Tyson Ward, Cory Joseph puis Alec Peters tous en réussite, le pari de l'entraîneur grec s'est révélé payant. D'autant plus lorsqu'Evan Fournier a inscrit 6 points d'affilée pour répondre à Sergio Llull, copieusement sifflé à plusieurs reprises par une OAKA de rouge et blanc vêtue. Quasiment impossible à arrêter une fois lancé, le Français a complètement fait basculer cette première mi-temps.

D'un drive rageur conclu main gauche, il donnait l'avantage aux siens pour la première fois de cette finale (38-36, 18e). Puis rebelote d'un mètre derrière la ligne à 3 points pour le numéro 94, avant qu'il ne serve parfaitement Peters, laissé ouvert dans le corner quelques secondes plus tard (44-39, 18e). Insuffisant pour calmer Trey Lyles, qui empêchait le Real de sombrer, et affichait 21 unités au compteur à la pause (46-44, 20e).

Symbole de l'importance du banc grec dans ce match, Shaquielle McKissic, pas utilisé de toute la première période lançait parfaitement le deuxième acte d'un tir primé qui fît exulter le Telekom Center (49-44, 21e). Un moment qui aurait pu avoir des allures de tournant du match, mais il n'en fût une nouvelle fois rien. Au contraire même.

Un bras de fer impressionnant

Encore adroit de loin, Abalde remettait les deux formations à égalité (49-49, 23e). Désireux de ne pas laisser passer leur chance, les hommes de Sergio Scariolo ont collé un run aux locaux (11-2) pour reprendre deux possessions d'avance (54-60, 27e). Si l'Olympiakos a remis un coup d'accélérateur, c'est le Real, emmené par des Mario Hezonja et Théo Maledon agressifs, qui étaient en tête au tableau d'affichage au moment d'entamer un dernier quart déjà bouillant (61-65, 30e).

Celui-ci fût d'ailleurs lancé de la meilleure manière imaginable. D'abord, Evan Fournier a retrouvé son adresse du deuxième quart (64-65, 31e), avant que Théo Maledon ne l'imite, lui aussi à 3-points (67-68, 32e). Comme en demi-finale, l'ancien Villeurbannais, inarrêtable en pénétration, faisait très bon usage des minutes qui lui étaient octroyées.

S'en suivit un énorme mano a mano, avec un écart qui n'excéda pas 1 point pendant plusieurs minutes, avant que Vezenkov ne trouve la mire dans le coin (73-71, 36e). Avance entretenue par Fournier, puis réduite par Gabriel Deck qui marquait alors ses premiers points de la soirée sur la ligne des lancers francs (76-75, 37e). Cela devenait encore plus irrespirable quand Mario Hezonja égalisa à deux minutes du terme (80-80, 38e).

Une dernière frayeur

Après un énorme dunk de Tyrique Jones, bien servi par le Français, l'Olympiakos reprenait les devants (82-80, 39e). Sur la ligne des lancers, les Grecs ont aggravé la marque, et pensait avoir plié les débats à 36 secondes du buzzer final (88-80, 40e). Mais les locaux se sont fait peur. Un double pas de Lyles, suivi d'une perte de balle, puis d'une faute, permit au Real de recoller (88-83, 40e).

Encore plus lorsque, sur le deuxième lancer manqué du Canadien, Facundo Campazzo se faufila pour arracher le rebond et provoquer une nouvelle faute, à 3-points. Malin, l'Argentin fît exprès de rater sa dernière tentative, qui lui revint dans les mains. Il servit alors Andres Feliz, qui manqua l'occasion d'égaliser (88-85, 40e).

Un gros coup de froid sur la salle athénienne, qui repris du poil de la bête quand Alec Peters récupéra enfin la gonfle, et força les Madrilènes à les envoyer sur la ligne. Par deux fois, l'ailier ne trembla pas, et scella le succès des siens qui remportent l'Euroleague pour la quatrième fois de leur histoire, et la première fois depuis 2013.

Le boxscore de la rencontre est ici.

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