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Interview : Frédéric Fauthoux : « Ils sont très heureux et toujours très fiers de venir jouer pour l'équipe de France »

L’équipe de France accueille ce jeudi la Slovénie à l’Accor Arena de Paris-Bercy (à 20h30 sur BeiIN SPORTS 1). Le coach Frédéric Fauthoux fait ses commentaires d'avant-match et parle de l’impact de Victor Wembanyama.

©FIBA

A propos de la Slovénie :

« Ce sont des joueurs qui ont l'expérience de ces matchs-là. Il y en a toujours 6, 7 qui ont déjà joué des Jeux Olympiques, des Championnats d’Europe. Et puis c'est une équipe qui prend énormément de risques sur les tirs à trois-points. Il suffit que ce soit un soir où ils sont en grande réussite pour qu'ils puissent nous mettre en défaut. Il va falloir savoir imposer nos forces pour les empêcher justement de développer ce jeu-là.

Quand on est sportif de haut niveau, que ce soit en Slovénie ou en France, quand on est sur le terrain, c'est pour gagner ce genre de match. Il faudra être à la hauteur de l'événement. C'est un match de qualification à la Coupe du monde de la fenêtre 4. On a déjà joué trois fenêtres et on est à 5-1 et on est sortis premiers de ces deux poules. Le travail a bien commencé. Il faut continuer à avancer avec des victoires pour la qualification. Ça passe par la Slovénie demain (aujourd’hui) et dimanche en Suède, qui sera encore un match différent, d'un tout autre calibre. Les Slovènes viendront aussi pour gagner. 

Victor Wembanyama. ©FIBA
« De toute façon, on le sait, Victor aujourd'hui, c'est une star mondiale, au moins dans le basket, si ce n'est plus »

A propos de la hype autour de Victor Wembanyama :

« On la sent déjà dans la vie à l'hôtel. Il y a des gens qui l’attendaient. On l’a senti aussi quand on est arrivé à la salle d’Orléans. Il y avait déjà énormément de personnes deux heures avant, quand il est arrivé en bus, pour le voir sortir. C'est quelque chose qu'il faut apprivoiser et savoir protéger le groupe un petit peu par rapport à tout ça parce que ce ne sont pas des choses qu'on rencontre régulièrement dans les saisons. De toute façon, on le sait, Victor aujourd'hui, c'est une star mondiale, au moins dans le basket, si ce n'est plus. Donc c'est quelque chose auquel il va falloir s'habituer, vivre avec. Et nous, autour de lui, il va falloir savoir adapter les choses pour lui rendre et nous rendre la vie plus facile. »

A propos du fait qu’il manque des joueurs pour cette fenêtre comme il en manquait lors de celle de juillet :

« C'est sûr que j'aurais préféré les avoir tous en même temps. On connaît très bien la valeur  intrinsèque des joueurs. On sait qui ils sont, on sait comment ils peuvent jouer. La difficulté, c'est de les faire jouer ensemble. Sauf qu’on en a eu certains en juillet, on a les autres au mois d'août. Donc, on essaie de mettre des choses en place pour que le jour où ils seront tous là, les automatismes s'emboîtent le plus rapidement possible. Donc, ça peut être un inconvénient. En tout cas, ça retarde la cohésion et les automatismes d'un groupe final. »

A propos de la répartition du temps de jeu :

 « En général, je suis quelqu'un qui fait jouer beaucoup de joueurs pour garder l'intensité, la concentration, le jeu pendant 40 minutes. Après, je ne sais pas comment le match de demain va se dérouler, mais si on doit resserrer, on le fera. Si, au contraire, on doit jouer à plusieurs pour que l'intensité que l'on met sur le terrain ne doit pas bouger, et que c'est grâce à ça que l'on pourra gagner, c'est ce que l'on fera. Il n'y a pas de plan prédéfini avant le match. »

« C'est une grande chance pour lui (Sylvain Francisco) et pour l'équipe de France de le voir jouer à ce niveau-là, comme il a pu l'être en fin de match contre la Serbie »
Sylvain Francisco. ©FIBA

A propos de Sylvain Francisco et Victor Wembanyama :

 « Sylvain, par rapport à quand je l'ai connu à 18 ans, forcément il a énormément mûri dans sa vie et dans son jeu. C'est quelqu'un qui aujourd'hui connaît le basket sur le bout des doigts. On sait aussi quel style de joueur il est. Il a montré toute sa qualité contre la Serbie où il a été très percuteur et il a marqué énormément de points. C'est une grande chance pour lui et pour l'équipe de France de le voir jouer à ce niveau-là, comme il a pu l'être en fin de match contre la Serbie.

 Après, l'équipe d'il y a un an n'est plus du tout la même que ce qu'il y a aujourd'hui. Et là, l'élément nouveau, c'est qu'il y a d'autres joueurs qu'il faut mettre aussi en avant. C'est vrai que le jeu doit beaucoup passer par Victor qui est notre leader. Victor est un capitaine, surtout par l'exemple qu'il représente, ce qui est très important pour l'équipe et pour le basket français. Aujourd'hui, il est aussi très bien entouré par des joueurs comme Rudy (Gobert), Evan (Fournier) et Tim (Luwawu-Cabarrot), qui ont beaucoup plus d'expérience et je sais qu'ils parlent beaucoup entre eux. Mais pour l'instant, je n'ai pas envie que Victor change sa nature parce qu'il est capitaine. Il y a tellement de façons d'être capitaine d'un groupe qu'il faut d'abord qu'il soit lui-même. Ils sont très heureux et toujours très fiers de venir jouer pour l'équipe de France. 

J'espère qu'on aura la même progression entre le match 1 contre la Serbie et le match 2, où on a été déjà une équipe différente. On a fait une excellente première mi-temps et six très bonnes dernières minutes. Il va falloir combler ce petit quart d'heure où vraiment, on n'a rien fait de bon pour garder l'avantage qu'on avait eu. On fait des vidéos… on se regarde jouer, on regarde les adversaires. Il va falloir être dans la même intensité, le même engagement qu'on avait fait contre la Serbie à Orléans. »

Nadir Hifi. ©FIBA
« Nadir a fait de bons entraînements avec l'équipe, mais peut-être qu'aujourd'hui, son style de jeu ne correspond pas encore pour pouvoir performer comme avec Paris avec les joueurs qu'il y a autour »

Le fait que Nadir Hifi est en retrait

« Aujourd'hui, c'est compliqué de jouer avec des arrières de petite taille sur le terrain. Il faut faire des choix. En ce moment, peut-être que Sylvain (Francisco) correspond mieux à cette équipe.

On en a parlé avec Nadir. C'est un choix qui m’est très personnel. Nadir a fait de bons entraînements avec l'équipe, mais peut-être qu'aujourd'hui, son style de jeu ne correspond pas encore pour pouvoir performer comme avec Paris avec les joueurs qu'il y a autour.

Maintenant, il ne faut absolument pas que Nadir change son jeu parce qu'il reste un joueur d'exception, parce qu'il sait jouer comme ça avec Paris. Aujourd'hui, le choix est fait. En tout cas, c'est ce qu'on a fait pour l'instant avec Nadir, Sylvain et Matthew au même poste.

C'est la partie la moins sympa du rôle de sélectionneur. Forcément, quand on dit à des joueurs qu'ils ne font pas partie du groupe et qu'ils ne pourront pas jouer, ce n'est jamais un moment agréable. 

Donc là, c'est Sylvain et Matthew avec Victor. Je crois à un basket où on doit être tous performants pour pouvoir jouer ensemble et trouver les joueurs qui jouent le mieux ensemble. »

L’association Gobert-Wembanyama :

« Il y a des chances qu'ils rejouent ensemble. Je pense que c'est nécessaire pour l'équipe, pour changer le rythme d'un match, parce qu'on est faible dans un certain secteur et qu'il faut renforcer ce secteur-là. Oui, je pense que ça sera un duo de joueurs qui sera de nouveau sur le terrain, parce qu'ils peuvent apporter vraiment quelque chose de différent. Par contre, il ne faudra pas toujours expérimenter. »

La volonté de Victor Wembanyama de gagner en bleu

 « Quand il est là, il y a énormément plus d'attente, parce que peut-être que les gens ne comprendraient pas qu'on puisse perdre avec Victor, sauf que ça reste un jeu et il y a toujours des adversaires en face et que les adversaires peuvent être meilleurs que nous.

Mais en tout cas, plus on a les meilleurs joueurs, dont lui, plus on a des chances de faire les meilleurs résultats possibles. C'est comme ça dans toutes les équipes et dans n'importe quel sport.

Et jusqu'à aujourd'hui, en tout cas, c'est quelqu'un de très facile et très agréable à coacher et à entraîner, parce que lui et les autres ont cette volonté féroce de vouloir faire quelque chose de grand avec l'équipe de France. Donc quand ils viennent en équipe de France, ce qu'ils ont tous en tête, c'est de vouloir gagner et de vouloir gagner beaucoup. Donc ils sont à l'écoute, ils ont envie d'être sur le terrain et de donner le meilleur d'eux-même.

Les fois où Victor n'a pas pu venir, c'est que vraiment, il ne pouvait pas, il était vraiment déçu quand il me l’a annoncé. Mais il a un engouement incroyable de vouloir revenir porter ce maillot de l'équipe de France. Donc oui, s'il n'y a pas contre-indication de quoi que ce soit, il dit qu'il sera là chaque été pour venir jouer avec nous.

Pour être tout à fait franc, c'est sûr que plus ils ont un statut important dans la franchise et en NBA, plus c'est facile pour eux de dire qu'ils peuvent venir en équipe de France.

Après, il y a aussi les périodes pour les joueurs qui sont soit en dernière année, soit en renégociation, et là, c'est vrai qu'il faut aussi qu'ils pensent à leur carrière et c'est plus difficile pour eux de dire à leur franchise qu'ils veulent venir en équipe de France. Donc chacun a ses raisons et on le voit d'ailleurs même dans les autres pays. Les grandes stars de la NBA quand ils veulent venir, les franchises les accompagnent au mieux. C’est ce que font les Spurs pour Victor, ce que fait Minnesota pour Rudy, on sent vraiment qu'ils les accompagnent et qu'ils veulent les mettre dans les meilleures dispositions pour qu'ils soient le plus performant possible pour l'équipe de France. »

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