"Vous allez faire votre retour à Bercy ce jeudi, qu'est-ce que représente cette salle pour vous ?
C'est un plaisir avant tout de jouer à Paris. C'est une salle ancrée dans ma mémoire comme la salle de l'équipe de France. J'y ai déjà joué des matches. Donc oui, j'ai effectivement une certaine attache à Bercy. C'est sympa.
Il y a quelques temps, vous disiez que le basket FIBA vous manquait, comment vous y sentez-vous ?
C'est des matches et une intensité qui sont totalement différents. On se bat pour quelque chose. On ne travaille plus tellement sur le futur, même si on le fait toujours, on est plus tournés vers le présent.
On vous a vu prendre des tirs très compliqués contre la Serbie. Était-ce prévu dans les systèmes ou plutôt des initiatives de capitaine ?
Ce ne sont pas des initiatives de capitaine. Ce sont des initiatives de joueurs à responsabilité. Pour moi, c'est des choses qu'il faut tenter, surtout quand ça fait longtemps qu'on n'a pas joué. C'est un moyen de voir ce qui marche, ce qui ne marche pas, et de se décrasser en quelque sorte.
"Le basket français peut grandir"
Quel est votre rapport à la région parisienne, dont vous êtes originaire ?
C'est quelque chose dont je suis fier. J'essaie de le montrer à ceux qui ne connaissent pas beaucoup, en l'occurrence mes coéquipiers américains. Dès que j'ai l'occasion, qui malheureusement ne s'est pas beaucoup présentée ces derniers temps, je retourne là d'où je viens. J'y passe des heures de qualité, rarement des jours [il sourit].
La Slovénie sera sans Luka Doncic, est-ce un regret pour vous ? Allez-vous dire à vos coéquipiers de ne pas les prendre à la légère pour autant ?
Il y aura ce genre de discours, mais ça n'est pas l'état d'esprit qu'on a. Je ne me pose pas la question de savoir si c'est mieux ou pas. On aborde les matches comme ils le sont. Dans mon for intérieur je suis un peu dégoûté de ne pas l'affronter, mais l'occasion se représentera à bien des reprises donc je ne m'en fais pas.

Quelles valeurs souhaitez-vous transmettre via votre nouveau rôle de capitaine ?
Ce sont des questions qui ne me posent pas de problème parce que j'ai confiance en qui je suis, en ce que je peux apporter à un collectif, sportivement, évidemment, et en termes de philosophie. Mais pour moi, c'est un projet qui se compte en dizaines d'années avec l'équipe de France, qui se fait avec le temps, et c'est important de passer cette étape, de chaque jour être le plus proche de la personne qu'on aimerait être. J'essaierai à chaque fois que je serai avec l'équipe de France d'être le plus proche du capitaine que je veux être.
À quel point ce que vous pourriez faire en équipe de France est important dans l'empreinte que vous voudriez laisser par rapport à ce que vous pouvez aussi accomplir en NBA ?
Ce que tout le monde recherche, que ça soit les fans, les fédérations ou mes coéquipiers, c'est les titres. Donc c'est ça avant tout. Après, on le voit dans les dernières années, le basket français peut grandir, et le basket français a énormément de potentiel sur les équipes de France jeunes, surtout sur la formation. C'est des projets à long terme sur lesquels je compte bien avoir un impact.
En quoi cette Coupe du Monde qui arrive est-elle importante pour vous ?
Elle est importante parce que c'est un titre international qu'on n'a jamais eu gagné. Et même si on l'avait déjà gagné, j'aurais envie de la regagner. Et ensuite, parce qu'elle est qualificative pour les JO.
Frédéric Fauthoux parlait du fait que vous étiez un joueur unique, et qu'il fallait trouver les joueurs qui collent à votre côté. Comment ressentez-vous cette recherche de collectif ?
C'est toujours quelque chose de difficile de construire une équipe. Mais la volonté de bien faire est vraiment présente chez tout le monde. Et je pense que c'est une chance qu'on ait ces 4 matches cette année, parce que ça va grandement nous aider pour le futur. Là aussi, c'est quelque chose qui va prendre du temps. Pendant l'année, il faudra que je parle souvent avec Fred, et avec le staff, avec mes coéquipiers, pour continuer à construire ça, parce qu'il ne faut pas perdre tout ce qu'on est en train de construire.
Vous êtes désormais capitaine des Bleus, vous avez été aussi l'un des leaders des Spurs pendant les play-offs. Qu'avez-vous appris, notamment sur des erreurs que vous avez peut-être commises ?
Ah j'en ai commises... Il faudrait des heures de discussion pour parler de toute l'expérience gagnée. En play-offs, le coaching fait beaucoup la différence. Après, en fin de matches, il y a toujours des situations où le talent des joueurs va énormément influer sur le résultat.
Quelle relation entretenez-vous avec Maxime Raynaud ?
La première fois qu'on s'est rencontrés, il était juste un adversaire pour moi, un gars que j'avais rencontré quelques fois. À l'âge de 16 ans, on a eu la chance de passer plusieurs mois ensemble, en s'entraînant, et en tant que coéquipiers. C'est là qu'il est devenu un de mes meilleurs amis. Et oui, on n'a jamais perdu de touche depuis. C'est un vrai plaisir de voir ce qu'il a fait en NCAA, aujourd'hui en NBA. Et maintenant, jouer contre lui en NBA, c'est fantastique.
Vous avez joué en 4 aux côtés de Rudy, cela vous a-t-il plu et change-t-il votre façon de jouer ?
Le rôle de 4, c'est un peu plus passif, même si, évidemment, ça dépend beaucoup du type de joueur que l'on est. Et oui, ça me plaît, évidemment, de jouer avec Rudy, des joueurs de ce niveau-là, défensivement, il n'y en a pas beaucoup. Ça m'amène dans des situations inhabituelles, de lancer des lobs. Ça m'arrive pas souvent, mais j'aime beaucoup le faire avec Rudy. C'est quelque chose qu'il faut expérimenter parce qu'on en aura besoin dans les années à venir."
Propos recueillis à l'Accor Arena, Paris

