Aller au contenu

[REDIFF] Isaïa Cordiner (Nanterre) et David Michineau (Boulogne-Levallois) : Destins croisés

Ils ont été draftés par une franchise NBA la même année, en 2016, et se retrouvent ensemble en équipe de France pour les fenêtres internationales. Mais le Nanterrien Isaïa Cordinier (1,96m) semble posséder une longueur d’avance sur son voisin de Levallois David Michineau (1,84m).

Ils ont été draftés par une franchise NBA la même année, en 2016, et se retrouvent ensemble en équipe de France pour les fenêtres internationales. Mais le Nanterrien Isaïa Cordinier (1,96m) semble posséder une longueur d’avance sur son voisin de Levallois David Michineau (1,84m).

[arm_restrict_content plan= »registered, » type= »show »]

C’était lors du media day de la Ligue Nationale de Basket de la rentrée de 2016, sur le plancher du gymnase de la Rue de Trévise à Paris. David Michineau venait d’être drafté en 39e position par les New Orléans Pelicans et aussitôt transféré aux Los Angeles Clippers.

Le Guadeloupéen avait été la saison précédente la doublure de John Roberson à Chalon ne disposant que de 14’ de temps de jeu moyen. Toute l’année des scouts NBA étaient venus le superviser, lui, Mathias Lessort et Axel Bouteille. C’est au camp de Trévise qu’il s’était mis en lumière et il avait fait ensuite plusieurs workouts.

« Ce n’était pas la première fois que j’allais aux Etats-Unis. Plus jeune j’ai déjà fait les tournois AAU et je suis allé aussi à Dallas (Ndlr : le siège américain de son agent Bouna Ndiaye de Comsport) pour m’entraîner avec Dallas et aussi à Los Angeles. Je n’étais pas présent au Barclays Center de Brooklyn pour la cérémonie de la draft. J’étais à Dallas et je l’ai regardée à la télé avec Clint Capela, Vincent Poirier (NDLR : alors au Paris-Levallois) et Rodrigue Beaubois. C’est vrai que je n’étais pas spécialement attendu mais Bouna et moi on était confiants, on avait fait ce qu’il fallait pour que ça arrive. »

David Michineau a ensuite participé à la summer league d’Orlando avec les Clippers et lui qui n’avait qu’un rôle secondaire avec l’Elan Chalon a cumulé 8,2 points et 4,2 passes en moyenne.

« Je n’avais pas l’habitude de ça ! (Rires) En face les meneurs avaient du talent mais on a aussi de très bons joueurs en France et en Europe, que ce soit Américains et Français, ça revient un peu au même. Après, c’est vrai que le jeu est un peu différent en summer league, tout le monde essaye de se montrer, mais le niveau ne m’a pas impressionné. Moi, je suis un meneur de jeu et j’essaye de progresser sur le fait de rendre mes coéquipiers meilleurs. C’est là où je dois m’affirmer, me mettre en valeur et aussi montrer que je peux contrôler une équipe. »

A cet intersaison-là, Michineau choisissait une mutation à Hyères-Toulon du coach Kyle Milling afin d’être titulaire. Ses rapports avec les Clippers ?

« J’ai fait la conférence de presse avec eux. Ils m’ont dit qu’ils étaient contents de travailler avec moi. Ils ont aussi rencontré le coach Kyle Milling qui était venu sur place. Ils ont dit que ça allait être une très bonne expérience pour moi d’être le patron d’une équipe et ils pensent que c’est ça qui me manque pour rejoindre l’équipe des Clippers. Ils continuent à me suivre, un coach physique est là de temps en temps rien que pour moi et en octobre d’autres coaches vont venir aussi. Je leur appartiens pendant deux ans et à moi de faire le travail pour retourner là-bas. Ils sont pressés de voir mes progrès, je devrais refaire la summer league avec eux, on verra pour la suite. »

Photos: Sous leurs maillots NBA

Le stress de la draft

A quelques mètres de là, au gymnase de la rue de Trévise, Isaïa Cordinier sortait lui aussi d’un séjour fructueux aux Etats-Unis. En trois semaines, il avait participé à treize workouts avec douze équipes doublant la ration avec New Orleans. Un peu répétitif tout ça ?

« Il y a une base qui est un peu la même pour toutes les franchises mais tu n’as pas le temps d’y faire attention tellement ça va vite dans le process. J’ai fait jusqu’à trois workouts en trois jours dans trois villes différentes. Le seul objectif, c’est de te donner à fond, de montrer ce que tu sais faire au coach et à la franchise. »

Isaïa Cordinier, lui était présent à Brooklyn le jour de la draft. Il fut retenu en 44e position par les Atlanta Hawks. Un exploit du genre car il n’avait joué jusque-là qu’en Pro B, à Evreux et Denain.

« Beaucoup de stress avant que ton nom soit appelé ! Pour moi, ça ne s’est pas exactement passé comme c’était prévu. J’ai eu un gros coup de stress car je me suis même demandé à un moment si j’allais me faire drafter. Et quand j’ai entendu mon nom, tout était mélangé. C’était un soulagement, beaucoup de joie, un peu de frustration puisque je m’attendais à être pris un peu plus haut. Mais le lendemain, ce n’était que de la joie. C’était vraiment les minutes les plus stressantes que j’ai vécues. Tu ne peux te présenter qu’une seule fois. Tu ne sais pas si tu te présentes trop tôt, trop tard. Il y a des cas comme l’année dernière Mam Jaiteh qui pensait se faire drafter et qui ne l’a pas été. Tu joues ton rêve car depuis que tu es petit tu travailles pour ça. La famille est là et à la limite elle stresse plus que toi. C’est pour ça que quand tu entends ton nom appelé c’est exceptionnel. »

Direction ensuite la Summer League de La Vegas où il retrouvait son futur coach à Antibes, Julien Espinosa, dans une autre équipe, celle des Brooklyn Nets. Et puis, comme David Michineau, il a été placé sur la liste d’attente.

«Un préparateur physique (des Hawks) est avec moi et il leur donne des compte rendus toutes les semaines sur ce que je fais avec lui. Ils sont déjà venus me rendre visite deux fois en pré-saison alors que je suis blessé et que je ne joue pas encore. Ils ont un vrai projet autour de moi et ça me conforte dans le fait que je suis bien tombé, » estimait-il à l’époque.

David Michinaud fait partie de la «  »Guada Connexion » du basket français. Il est originaire des Abymes et il a joué au New Star, le club de Rodrigue Beaubois. Son frère Sébastien est passé notamment par Chartres et Vitré. Intégré au Pôle Espoirs de Guadeloupe, il fut repéré lors d’un match amical par Romain Chenaud, qui dirigeait alors les Minimes France de l’Elan Chalon, qui était en déplacement en Guadeloupe et il est arrivé en métropole en 2009. Quatre ans plus tard, il a fait partie de l’équipe qui a réalisé en espoir le doublé championnat/Trophée du Futur en 2013 aux côtés du Suisse Clint Capela et de Yakuba Ouattara. Il a été prêté six mois à Châlons-Reims avant de revenir à l’Elan. Il était déjà réputé pour sa vitesse balle en main, son sens de la pénétration dans la peinture, et aussi son manque de shoot extérieur et un sens de l’organisation défaillant.

Chez les Cordinier, il y le papa, Stéphane, 72 sélections en équipe de France de handball, médaillé de bronze au championnat du monde et quatrième aux Jeux Olympiques d’Atlanta. Né à Créteil comme le fiston mais seulement 1,79m sous la toise. La maman a été aussi professionnelle en Division 1 de hand. C’est un copain d’enfance à Antibes de Timothé Luwawu-Cabarrot, qui a été drafté lui-aussi en 2016 mais plus haut, en 20e position par les Philadelphia Sixers.

« On a fait les trois années cadets ensemble. En fait, je jouais en cadet et en plus en espoir. C’est incroyable… Je ne savais pas si j’allais laisser mon nom à la draft et sa présence a constitué une partie de ma décision. Je me suis dit qu’être drafté la même année que son pote ça serait exceptionnel. En fait, on a commencé à parler de la NBA une fois que l’on a eu des expériences internationales avec l’équipe de France quand on a vu que nos profils commençaient à plaire aux scouts. On a joué ensemble en Pro B (Ndlr : saison 2013-14), on s’est challengé, on a eu la chance d’être à l’entraînement l’un contre l’autre. Ça nous a permis de se tirer ensemble vers le haut. Il y a une vidéo de nous deux qui tourne sur twitter et ça résume bien notre émotion. »
Photo: FIBA
Photo: FFBB
Photo: Eurocupbasketball
Photo: Isaia Cordinier lors du fameux match de Coupe de France face à Rouen (FFBB)

Un exemple pour les Guadeloupéens

David Michineau est resté une saison à Hyères-Toulon, le temps d’être sélectionné pour le All-Star Game et d’y scorer 11 points en 13 minutes. Direction Cholet où malgré des débuts prometteurs (19 points face au Portel lors de la première journée), il s’enlise avant de lâcher prise en avril en raison d’une blessure à l’annulaire. Arrivé aux Metropolitans à l’été 2018, il y trouve stabilité et efficacité. Il gagne sa première sélection chez les Bleus et alors qu’il est approché par l’ASVEL, il signe à la dernière inter-saison pour trois années supplémentaires avec le club francilien. Ce type de contrat ayant une valeur indicative car des clauses peuvent réduire sa durée.

« Je pense avoir fait le bon choix », dit-il. « Il y a un gros projet à Levallois. Tout ne s’est pas passé normalement avec le COVID. Ce n’était pas un choix facile à faire surtout que je ne savais pas qui allait être le coach mais je crois vraiment au projet des Metropolitans 92. J’y ai passé deux belles années et je pense que je peux y continuer à grandir et pourquoi pas aller en Euroleague avec eux. »

Grandir ? Le constat est un peu toujours le même quand on évoque ses points forts et ses points faibles :

« Je sais que je peux changer un match avec mon agressivité défensive, mettre du rythme en attaque et en défense. Je suis quelqu’un qui pousse la balle. » Et aussi : « collectivement, ça se passe bien. Individuellement, c’est compliqué. Il (NDLR : le coach Jurij Zdovc, lui-même un ancien meneur de haut niveau) me demande de développer certains tirs extérieurs à mi-distance que je ne prenais pas forcément avant. Il me fait comprendre que ce sont des tirs qu’il va falloir que je prenne si je veux passer un cap et aller au plus haut niveau. Surtout pour un meneur c’est important d’avoir un shoot à trois-points, surtout avec certains systèmes de jeu, la défense va passer en-dessous. Pour un meneur qui est censé être créateur pour les autres, il faut mettre ces tirs-là pour ensuite pouvoir ouvrir d’autres options. Au niveau de certaines lectures de jeu, aussi. Je pense que c’est un coach qui va beaucoup m’apporter. »

David Michineau sort plus souvent du banc (5 fois en 7 matches) qu’il est titulaire pour moins de 17’ minutes par match et son adresse générale aux tirs pique les yeux : 33,4%. Mais l’enfant des Antilles apprécie à 26 ans le parcours accompli :

« A l’époque, je ne pensais même pas à tout ça. J’étais juste passionné, je jouais tout le temps. Etre en équipe de France comme aujourd’hui c’est un objectif qui est venu bien après. C’est un super parcours et à chaque fois que je retourne en Guadeloupe, que je vais à la salle et que je vois tout le monde, je suis vraiment content et j’espère que je vais inspirer d’autres jeunes du New Star à faire encore mieux que moi. »

Le passage en Pro A/Jeep Elite avec Antibes d’Isaïa Cordinier a été laborieux (6,1 d’évaluation) et le pire était devant lui : une saison blanche pour soigner des tendons rotuliens du genou. L’opération fut réalisée par le réputé professeur Bertrand Sonnery-Cottet et une partie de la réduction effectuée avec Christophe Keller au CREPS d’Antibes. Aujourd’hui, quand on lui demande s’il ressent des séquelles, il répond malicieusement :

« Est-ce que j’ai des séquelles ?… Vous pensez ?! Des séquelles, j’en n’ai clairement pas. M’arrêter a été le meilleur choix de ma jeune carrière. On voit que ça a payé. Après, c’est sûr que ce sont des routines au quotidien. Cette période m’a appris énormément sur mon corps, sur moi en général. Ça apprend beaucoup sur les routines que tu dois mettre au point au quotidien pour préparer ton corps au haut niveau et être le plus performant possible. »

C’est effectivement un Isaïa Cordinier tout neuf et supersonique que l’on a vu ensuite à l’œuvre. Il nous revient en mémoire ses 10 premières minutes stratosphérique lors du match de Coupe de France face à Rouen en avril 2019 : 18 points à 7/9 aux tirs et 2 interceptions avec en clôture un dunk rageur au buzzer. Nanterre lui a ensuite tendu les bras et ce fut le vrai décollage : 14,4 points et 4,7 rebonds pour 16,2 d’évaluation lors des 24 matches au programme de la saison dernière avortée. Son alliage de vitesse et de détente mis à profit des deux côtés du terrain a forcément séduit le coach des Bleus Vincent Collet qui l’a intronisé lors des fenêtres de février 2020, en même temps que David Michineau. Et il a décidé de rempiler avec Nanterre 92.

« Avec la situation sanitaire, ça a quand même été indécis tout l’été. Je savais qu’à Nanterre, j’avais des responsabilités qui m’attendaient. On s’entend très bien avec Pascal (Donnadieu). C’est comme une deuxième maison maintenant. Pour le moment, ça marche bien, on gagne des matches et je suis performant. Dans la situation dans laquelle on est, c’est match après match. On ne peut pas trop se projeter. »

A Pau, pour les matches face à la Grande-Bretagne et l’Allemagne, David Michineau a lui retrouvé ses copains de promo de Chalon.

« Ça fait un peu bizarre surtout que l’on ne se voit pas très souvent mais on est content d’être ensemble. Nico (Lang), je n’ai pas vraiment joué avec lui mais on était assez proche, il m’a pris sous son aile à Chalon. Avec Yakuba (Ouattara), Mathias (Lessort), Axel (Bouteille), on y a vécu des moments forts. Ça fait vraiment plaisir de se retrouver ici en équipe de France et de voir le parcours que l’on a fait. »

Auteur de 8 points, le Guadeloupéen avait été à son aise contre le Monténégro en février mais là, il a peu joué : 15’ contre les Britanniques et seulement 3’ face aux Allemands où il a exposé un condensé de ses défauts avec plusieurs initiatives malheureuses. A l’inverse, Isaïa Cordinier a été tranchant.

« C’est important pour moi d’élever mon niveau de jeu par rapport à la première fenêtre, de montrer que j’ai progressé et que je peux apporter plus. Il ne faut pas non plus tomber dans le piège de vouloir trop en faire. Il faut garder l’objectif qui est de gagner des matches », disait le Nanterrien avant le premier match. « Le fait d’avoir fait ma première campagne en février m’a donné envie de goûter à toutes les grandes compétitions internationales, championnat d’Europe, du Monde, Jeux Olympiques. J’espère pouvoir jouer et représenter mon pays au plus haut niveau. C’est ça mon ambition. »

Et quand on lui demande s’il évoque son attachement au maillot bleu avec son père, il répondait :

« Bien sûr. Au début c’était beaucoup de fierté pour mes parents, pour mon père. Ça rappelait des souvenirs, on en parle. Maintenant j’essaye de le charrier un peu. Il a 72 sélections, j’ai du chemin à faire. C’est toujours la compétition avec mon papa. Il a une médaille en chocolat aux JO, il m’a dit de le venger. J’espère qu’un jour j’aurai cette chance. »

Vincent Collet attendait beaucoup du fiston Cordinier, et il n’a pas été déçu :

« Je pense qu’il a fait un bon match », estimait-il après celui face à la Grande-Bretagne. « On va dire qu’il a ralenti sa production car il a le même péché mignon qu’à Nanterre, il fait des fautes parfois un peu bêtes en début de match, donc il nous a obligé à le sortir rapidement car il en a commis deux dans les premières minutes. Mais ensuite, vous n’avez pas manqué de remarquer qu’il a pris 9 rebonds. Il a été le meilleur rebondeur de l’équipe. Défensivement, il a été aussi au niveau attendu avec quelques stops défensifs vraiment remarquables. Globalement, sa production a été intéressante dans le sens de ce que l’on attend de sa part. » Et après le second face à l’Alemagne : « J’ai aimé ses deux rencontres, sur le plan défensif, au rebond… Même s’il doit gagner en consistance, et éviter à ce niveau les tirs à 8 mètres ou les pénétrations trop périlleuses. Mais c’est aussi à ça que servent ces matches, qui confirment la profondeur de notre réservoir. »

L’intéressé porte un diagnostic sur lui-même qui n’est pas éloigné de celui de son coach :

« Il faut que je continue à m’améliorer sur mes choix, ma lecture de jeu pour passer un cap, être toujours capable de mettre plus de tirs, de gros tirs. Je sais que je suis un bon défenseur mais j’aimerais être bon des deux côtés du terrain le plus souvent possible dans le match. C’est quelque chose de très dur mais je pense être capable de le faire. »

Même si son poste d’arrière suscite un embouteillage en équipe de France, il n’est pas indécent d’estimer que Isaïa Cordinier possède une chance de gagner sa place pour les Jeux de Tokyo -les forfaits sur blessures sont un élément qui intervient malheureusement souvent dans le choix des sélectionneurs- ou au pire pour ceux de Paris’2024.

Isaïa Cordinier n’a que 24 ans

Quatre ans plus tard, où en sont les deux joueurs vis-à-vis de leur rêve américain ? A l’écouter, on sent que David Michineau s’en est un peu éloigné.

« Les Clippers ont toujours mes droits. Je ne suis pas vraiment concentré pour ça pour le moment. C’est toujours un objectif qui est dans ma tête. Je continue de travailler dans le club où je suis, à progresser pour atteindre un jour ce niveau. J’étais content pour Killian Hayes car j’étais avec lui à Cholet. J’ai vu comment il travaillait et je savais que ça allait arriver un jour. Théo Maledon, je le connais un peu moins, mais c’est un Guadeloupéen et je suis content pour lui. Même si ce sont des plus jeunes c’est toujours motivant de continuer à travailler pour atteindre cet objectif. Je dois développer mon shoot, ça fait longtemps que c’est un point faible. L’occasion se représentera ou pas mais ce qui est important c’est de continuer à travailler, à prendre plaisir, prendre les choses l’une après l’autre. »

Et si on lui demande sa préférence entre la ligue américaine et une carrière en Euroleague, conscient visiblement de l’étendue de la tâche, il confie :

« Est-ce que je vais jouer en NBA ou être sur le banc ? La NBA, c’est une expérience, c’est le rêve depuis que je suis tout petit, je pense que je dirai la NBA mais si c’est pour être sur le banc, je n’y resterai pas longtemps car j’aime beaucoup jouer. Je préfère avoir du temps de jeu, continuer à progresser, à m’épanouir que d’être sur un banc en NBA. »

A l’inverse, le fil est toujours solide entre Isaïa Cordinier et les Brooklyn Nets.

« Je suis souvent en contact avec eux. Ils regardent tous mes matches. Après l’objectif, je l’ai toujours dit : je me lève le matin, je travaille, pour être un jour en NBA. Dans ma tête, ça ne change pas et je ne pense pas que ça changera. Je suis quelqu’un d’assez têtu et quand j’ai quelque chose en tête, je fais tout pour aller le chercher. Au moins, comme ça, je n’aurai pas de regrets. »

Précision importante : le Nanterrien a fêté ses 24 ans en novembre. Il a les capacités athlétiques nécessaires et encore du temps devant lui pour s’affiner techniquement et séduire les boss de la franchise américaine. Et pour reprendre la formule qui a cours outre-Atlantique, le ciel est sa limite.

x

[armelse]

C’était lors du media day de la Ligue Nationale de Basket de la rentrée de 2016, sur le plancher du gymnase de la Rue de Trévise à Paris. David Michineau venait d’être drafté en 39e position par les New Orléans Pelicans et aussitôt transféré aux Los Angeles Clippers.

Le Guadeloupéen avait été la saison précédente la doublure de John Roberson à Chalon ne disposant que de 14’ de temps de jeu moyen. Toute l’année des scouts NBA étaient venus le superviser, lui, Mathias Lessort et Axel Bouteille. C’est au camp de Trévise qu’il s’était mis en lumière et il avait fait ensuite plusieurs workouts.

« Ce n’était pas la première fois que j’allais aux Etats-Unis. Plus jeune j’ai déjà fait les tournois AAU et je suis allé aussi à Dallas (Ndlr : le siège américain de son agent Bouna Ndiaye de Comsport) pour m’entraîner avec Dallas et aussi à Los Angeles. Je n’étais pas présent au Barclays Center de Brooklyn pour la cérémonie de la draft. J’étais à Dallas et je l’ai regardée à la télé avec Clint Capela, Vincent Poirier (NDLR : alors au Paris-Levallois) et Rodrigue Beaubois. C’est vrai que je n’étais pas spécialement attendu mais Bouna et moi on était confiants, on avait fait ce qu’il fallait pour que ça arrive. »

David Michineau a ensuite participé à la summer league d’Orlando avec les Clippers et lui qui n’avait qu’un rôle secondaire avec l’Elan Chalon a cumulé 8,2 points et 4,2 passes en moyenne.

« Je n’avais pas l’habitude de ça ! (Rires) En face les meneurs avaient du talent mais on a aussi de très bons joueurs en France et en Europe, que ce soit Américains et Français, ça revient un peu au même. Après, c’est vrai que le jeu est un peu différent en summer league, tout le monde essaye de se montrer, mais le niveau ne m’a pas impressionné. Moi, je suis un meneur de jeu et j’essaye de progresser sur le fait de rendre mes coéquipiers meilleurs. C’est là où je dois m’affirmer, me mettre en valeur et aussi montrer que je peux contrôler une équipe. »

A cet intersaison-là, Michineau choisissait une mutation à Hyères-Toulon du coach Kyle Milling afin d’être titulaire. Ses rapports avec les Clippers ?

« J’ai fait la conférence de presse avec eux. Ils m’ont dit qu’ils étaient contents de travailler avec moi. Ils ont aussi rencontré le coach Kyle Milling qui était venu sur place. Ils ont dit que ça allait être une très bonne expérience pour moi d’être le patron d’une équipe et ils pensent que c’est ça qui me manque pour rejoindre l’équipe des Clippers. Ils continuent à me suivre, un coach physique est là de temps en temps rien que pour moi et en octobre d’autres coaches vont venir aussi. Je leur appartiens pendant deux ans et à moi de faire le travail pour retourner là-bas. Ils sont pressés de voir mes progrès, je devrais refaire la summer league avec eux, on verra pour la suite. »

Photos: Sous leurs maillots NBA

Le stress de la draft

A quelques mètres de là, au gymnase de la rue de Trévise, Isaïa Cordinier sortait lui aussi d’un séjour fructueux aux Etats-Unis. En trois semaines, il avait participé à treize workouts avec douze équipes doublant la ration avec New Orleans. Un peu répétitif tout ça ?

« Il y a une base qui est un peu la même pour toutes les franchises mais tu n’as pas le temps d’y faire attention tellement ça va vite dans le process. J’ai fait jusqu’à trois workouts en trois jours dans trois villes différentes. Le seul objectif, c’est de te donner à fond, de montrer ce que tu sais faire au coach et à la franchise. »

Isaïa Cordinier, lui était présent à Brooklyn le jour de la draft. Il fut retenu en 44e position par les Atlanta Hawks. Un exploit du genre car il n’avait joué jusque-là qu’en Pro B, à Evreux et Denain.

« Beaucoup de stress avant que ton nom soit appelé ! Pour moi, ça ne s’est pas exactement passé comme c’était prévu. J’ai eu un gros coup de stress car je me suis même demandé à un moment si j’allais me faire drafter. Et quand j’ai entendu mon nom, tout était mélangé.

[/arm_restrict_content]
[arm_restrict_content plan= »unregistered, » type= »show »][arm_setup id= »2″ hide_title= »true »][/arm_restrict_content]

Photos d’ouverture: FFBB

Commentaires

Fil d'actualité