Vous avez choisi Villeneuve-d'Ascq l'été dernier pour gagner des titres. Vous venez de remporter l'Eurocup mais vous n'êtes pas qualifié pour les playoffs de Wonderligue, quel bilan faites-vous de votre saison ?
Quand j'ai signé à Villeneuve, c'est sûr que je ne m'attendais pas à vivre une saison aussi compliquée que celle que j'ai vécue, mais j'en tire que du positif. On a un titre en fin d'année. J'ai des regrets par rapport au championnat. Je pense qu'on aurait pu aller en playoffs et créer la surprise. Je suis déçue d'aller en playdowns. On s'est bien rattrapées. On a réussi à gagner une coupe d'Europe et on a un super groupe.
C'est votre premier titre collectif ?
J'avais déjà gagné un titre collectif en jeune (NDLR : championne d'Europe des moins de 20 ans en 2023). En pro, c'est la première fois. Cela me tenait à coeur. Je l'avais annoncé que je souhaitais en gagner un. C'était vraiment un objectif, je suis contente de l'avoir gagné.
Vous avez une capacité à apporter du leadership sur le parquet malgré votre jeune âge (21 ans, le 16 avril prochain), même si en dehors du terrain vous êtes une personne qui apparaît plus réservée ?
Je ne suis pas forcément un leader vocal mais plus sur la combativité, l'exemplarité. Je me donne à fond sur le terrain. C'est peut-être comme ça que je transmets mon ADN. Après je vais être amené à être davantage vocale puisque je joue sur le poste 1.
Avez-vous le sentiment d'avoir franchi un cap en passant de Tarbes à Villeneuve d'Ascq, même si vous ne disputerez pas les playoffs cette saison avec l'ESBVA ?
Oui, je pense. En arrivant ici, j'ai joué l'Euroleague, l'Eurocup. A Tarbes, je n'avais qu'un match par semaine. Cette saison, en jouant à Villeneuve, il y a des joueuses d'expérience avec plus de responsabilités. Elles ont pu m'entourer, c'était peut-être plus facile de me mettre en valeur. Mais oui j'ai passé des caps grâce à cette saison à Villeneuve d'Ascq.

"Une carrière, c'est court, ça dure peut-être quinze ans. Autant me donner les chances maintenant dès mon jeune âge de devenir la meilleure version de moi-même"
Y avait-il une envie personnelle de glaner un titre de MVP cette saison, après avoir gagner de nombreux titres ?
Franchement, je ne me mettais pas cela en tête. Je laisse vraiment venir les choses comme elles sont. Après bien sûr je ne refuserai pas ce titre, mais au vu de nos résultats et du classement, cela paraît compliqué.
Aujourd'hui, vous êtes censée être sûr un jour off mais vous êtes à la salle. D'où provient cette éthique de travail ?
J'étais censée rentrer (chez ses proches). Avec les trains c'était compliqué de le faire, donc comme je n'avais rien à faire, je peux m'entrainer. Une carrière, c'est court, ça dure peut-être quinze ans. Autant me donner les chances maintenant dès mon jeune âge de devenir la meilleure version de moi-même. Je pense que ça passe par le travail.
Quels étaient les objectifs initiaux en début de saison pour l'ESBVA ?
Il n'y a pas eu de réunion en début de saison. Elles venaient de gagner le championnat et je pense qu'elles voulaient faire le back to back. On voulait forcément gagner un titre. On était une équipe assez compétitive, une équipe talentueuse.
Il y a donc de la déception ?
De la déception pas vraiment, car si je vis cela aujourd'hui, peut-être que dans quelques années je vais revivre une situation comme celle là et plus tard je saurai gérer de situation.
Vous avez aussi su créer votre propre style, vous vous inspirez de certaines joueuses ?
Je m'inspire un peu plus du basket masculin, même si je regarde beaucoup la WNBA et je m'en inspire. Je suis une joueuse sur l'instinct, si j'ai envie de le faire, je ne vais pas trop me poser de questions. Je joue fluidement.
Y a-t-il des choses que vous inventez dans votre style de jeu ?
Je suis beaucoup dans l'observation. Quand Zie (Shavonte Zellous) m'entraîne, elle me montre des mooves, j'essaie de les tester quand le moment est bon pour en placer un.
Vous allez rejoindre dans quelques semaines la WNBA avec les Golden States Valkyries, comment va se dérouler cette aventure ?
Il faut que je vois avec Villeneuve d'Ascq, quand le club souhaitera me libérer, je n'ai pas de clauses dans mon contrat pour partir. Dès que je suis libre, je pars. Le training camp commence le 28 avril, la saison débutera mi-mai.

"Je prends des cours d'anglais pour me perfectionner"
Etes-vous impatiente de découvrir un nouveau championnat ?
Oui je suis impatiente, j'appréhende un peu, par rapport à la langue. J'ai hâte de découvrir cet univers qui sera totalement différent de ce que je vis. Je prends des cours d'anglais pour me perfectionner. Il faut que je me lance dans le bain, je n'aurai pas trop de problème, ensuite.
D'une façon générale, comment gérez-vous, votre quotidien ?
J'habite à trois minutes en voiture de la salle, je ne pouvais pas demander mieux. Cette année c'était assez particulier, on avait deux matchs par semaine. C'était un rythme d'un entraînement par jour. J'ai du m'adapter, parce que à Tarbes je m'entrainais énormément. J'étais même étonnée du peu d'entrainement qu'on ait pu avoir. Après je cale mes séances de muscu avec le prépa (physique), des entrainements individuels avant les séances collectives. Je ne me pose pas la question, si j'ai envie de m'entraîner.
Il vous reste donc à jouer les playdowns et l'ESBVA est déjà presque certaine de se maintenir en Wonderligue ?
J'aborde tous les matchs de la même façon, je veux juste gagner. Je ferais tout ce maximum pour qu'on gagne ces matchs. Ce n'est pas très compliqué, on n'a qu'un match à gagner pour se maintenir. Si j'ai bien compris on a juste à gagner à Chartres et la mission sera accomplie.
Qui selon vous va remporter la Boulangère Wonderligue ?
Montpellier a une très bonne équipe, après je vois bien Bourges gagner.
Avez-vous une envie de renfiler la tunique bleue ?
J'ai un goût d'inachevé. Je n'ai jamais fait de compétition avec les A. J'ai hâte que les prochains stages arrivent pour montrer que j'ai ma place dans cette équipe.
Bourges est arrivé à Saragosse pour le final 6 d'Euroleague. Des rumeurs circulent depuis ce lundi et vous envoient à Saragosse la saison prochaine, vous nous le confirmez ?
Je peux le dire. Oui l'année prochaine, j'irai du côté de l'Espagne à Saragosse. Je suis contente, cela va être une première expérience à l'étranger. Je pense que j'ai fait le bon choix, je ne voulais pas me précipiter. J'ai eu un bon feeling avec le coach, très humain. Hâte de voir comment ça va se passer. Aminata Gueye de Villeneuve d'Ascq va venir aussi.
Une nouvelle langue à apprendre, ou bien vous vous débrouillez déjà en espagnol ?
(Rires), justement mon père parle espagnol mais ne me l'a jamais appris. Je vais essayer de l'apprendre.
Votre père était dans le foot et aujourd'hui votre famille vous suit énormément ?
Mes parents m'envoient même des messages sur tel ou tel résultat d'Euroleague. C'est top car avant, ils n'étaient pas du tout dans le basket.
Comment votre été va t-il s'organiser ?
Si je peux faire un parcours en WNBA et en équipe de France, c'est avec grand plaisir. J'ai envie de faire les deux.
Au Palacium de Villeneuve d'Ascq.