Coupe du Monde U19 – Joël Ayayi: “On peut battre les Américains”

Sacha RUTARD
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Le jeune frère (1,90 m, 19 ans) de Valériane Ayayi est pour l’instant le leader de l’équipe de France des moins de 19 ans qui vient de corriger la Grèce en huitième de finale à la Coupe du Monde FIBA U19. Sur quatre matches, le coéquipier de Killian Tillie à Gonzaga en NCAA tourne à 20,0 points, 57% aux tirs dont 40% à 3-pts, 5,3 pts, 2,8 pds en 22 minutes de jeu seulement. Interview en sortie de match.

Comment te sens-tu, pas seulement après cette victoire contre la Grèce, mais quelles sont tes sensations depuis le début de cette Coupe du Monde FIBA U19 ?

Je me sens super bien. Je commence à sentir un peu la fatigue mais maintenant, il faut bien se reposer et y retourner. Pas d’excuse, je ne me plains pas. Et puis quand on gagne, on a surtout envie de jouer le prochain match donc c’est parfait.

Comment juges-tu ton niveau de jeu ?

Je trouve que je joue vraiment bien mais je sais que je peux faire mieux. Je perds encore trop de ballons sur des actions un peu folles. Je pourrai aider l’équipe un peu plus au rebond aussi mais sinon, globalement, je joue bien. Je veux rester au même niveau d’intensité et je veux garder confiance en moi. Je sais ce que je peux faire donc maintenant, il faut tout donner.

Quelle est votre ambition avec cette équipe de France ?

Notre objectif est de rejoindre le dernier carré. Il ne nous reste plus qu’un match à gagner pour remplir cet objectif. Mais il reste 40 longues minutes à jouer d’abord où il va falloir qu’on livre un bon basket. On est une équipe qui tente de progresser à chaque match. Je trouve que c’est le cas jusqu’à présent. Contre le Canada, ça va être vraiment difficile. Il va falloir qu’on applique parfaitement le plan de jeu. En espérant que ça nous amène en demi. Si on y parvient, après on va se battre pour le titre.

Tu penses que vous pouvez battre les Etats-Unis ?

Oui, j’y crois. Tout le monde peut les battre. On a une bonne équipe. Eux aussi. Evidemment, ils seraient favoris mais ce n’est qu’un match de basket. 40 minutes. Si on les joue ce sera en finale, et là tout peut arriver.

Quest-ce que représente léquipe nationale pour toi qui joues loin de France depuis deux saisons à Gonzaga ?

Pour moi, il s’agit d’un environnement totalement différent. A l’université, je joue avec mes potes, c’est presque une famille. Tout le monde se connait, on passe tout notre temps ensemble. On joue le titre à long terme, c’est une aventure qui se déroule toute l’année. Ici, c’est un commando à court terme. On n’a qu’un mois à vivre ensemble. On vient de différents endroits, un peu de partout et chacun essaye d’être au mieux au meilleur moment. Le premier match couperet tombe vite dans ce tournoi. Mais c’est vraiment génial de représenter son pays, de jouer pour la sélection. C’est un sentiment extraordinaire.

Photo: FIBA

Tu as faim de basket sur cette compétition parce que tu es en manque de temps de jeu et de compétition depuis deux ans ? Tu veux prouver que tu peux jouer plus ?

Je fais confiance au programme. Ils savent quand je serai prêt à passer plus de temps sur le terrain. L’année dernière, on avait une équipe incroyable avec beaucoup de talent à l’arrière. C’était difficile pour moi, évidemment, mais je l’accepte. Ça me force à revenir toujours plus fort, à m’entrainer dur pour tenter de progresser. J’essaye de conserver une attitude positive. Si je ne joue pas, c’est que je ne suis pas prêt ou que ceux devant moi sont meilleurs que moi. Donc je veux progresser.

Après deux saisons à Gonzaga où tu es parti très jeune à 17 ans, tu as passé une première saison à ne pas jouer, tu as commencé à mettre le nez à la fenêtre en 2018-19. Pourquoi ce choix et comment te sens-tu là-bas.

Gonzaga est vraiment un endroit super. J’adore la communauté, la famille autour de l’équipe de basket. C’est un environnement super pour moi pour bosser et progresser.

Quelles sont tes ambitions en NCAA et pour la suite ?

Je veux jouer en NBA mais je veux gagner le titre avec Gonzaga. Aujourd’hui, tous ceux qui viennent chez les Bulldogs veulent jouer le titre tout en se préparant pour la prochaine étape. Pour moi, la décision de venir a vraiment été liée au programme de Gonzaga. Un des meilleurs du pays avec une mentalité générale qui me convient, assez différente de ce qu’on voit par ailleurs aux Etats-Unis. Ici la culture du travail est vraiment très forte. Pour l’instant, je ne regrette rien.

Doù vient lamour des joueurs français pour le maillot national ? Les Français jouent partout sur la planète, dans les plus grands clubs en NBA, en Europe, mais chaque année, il semblerait que tous reviennent pour jouer pour les Bleus. Comment expliquer cela ?

Pour moi, c’est encore plus simple. Ma grande sœur est Internationale. Elle a toujours été un modèle pour moi et j’ai toujours voulu jouer en équipe nationale. Pour faire comme elle. Dès qu’on m’appelle, je viens.

Parle-nous de ta sœur, quest-ce quelle représente pour toi ?

Elle a toujours été là pour moi. J’ai tenté de marcher dans ses pas. Je l’ai beaucoup regardé jouer, elle me donnait des conseils.

Si vous ne gagnez pas de médaille dans cette coupe du monde mais que ta sœur en remporte une à lEuroBasket féminin, tu serais content de ton été ?

Je serai content. Je sais à quel point elle bosse dur. Et ça fait toujours une médaille de plus pour la famille. Et on est comme une équipe. Je pense qu’elles peuvent vraiment gagner quelque chose et je serai très heureux pour elle. Je suis très fier d’elle, je sais qu’elle est fière de moi, c’est sûr que j’aimerai beaucoup gagner ce tournoi mais je ne me mets pas la pression.

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