Vincent Collet vs Sergio Scariolo : un duel de patrons

La finale de l’EuroBasket 2022 écrit une nouvelle page de la rivalité entre la France et l’Espagne. Ce sont les retrouvailles de deux grandes nations du basketball européen mais aussi de deux entraîneurs, l’Italien Sergio Scariolo et le Français Vincent Collet. De fins tacticiens qui se sont employés pour atteindre les sommets avec leur sélection.

Nombreux sont les joueurs qui ont oeuvré durant plus de dix années de combats opposants Français et Espagnols. Les frères Gasol, Parker, Navarro, Diaw, Fernandez, Batum et biens d’autres… Des soldats guidés sur le terrain par deux sélectionneurs mythiques : Vincent Collet, 59 ans, en bleu, Sergio Scariolo, 61 ans, en rouge.

Ces deux hommes passionnés et au QI basket immense se retrouvent une nouvelle fois dans une compétition FIBA. Un face-à-face qui jusqu’ici a tourné systématiquement à l’avantage de l’Italien, sélectionneur de l’Espagne, qui n’a jamais perdu face à Vincent Collet. Lorsque la France a remporté ses deux victoires successives contre l’Espagne en 2013 puis 2014, c’est Juan Antonio Orenga qui était à la tête de la Roja. Revenu à la tête de la sélection à la suite de ces deux déconvenues, Sergio Scariolo n’a plus jamais quitté le banc espagnol.

Dans cet EuroBasket, la France et l’Espagne n’étaient pas pré-destinées à se retrouver aussi haut dans le tournoi. Mais ce n’est pas un hasard non plus de les voir se hisser jusqu’en finale malgré la présence de stars NBA avec leurs sélections respectives.

« Sergio (Scariolo) a beaucoup d’influence, on sent qu’il a fait progresser son groupe tout au long de la compétition. C’est ce qu’ils font souvent d’ailleurs dans les grandes compétitions, c’est la marque des belles équipes. Quand on les voit en poule et là, à leur dernier match, ce n’est plus pareil. »

Vincent Collet élogieux sur le travail de son homologue à la tête de l’Espagne.

Tout comme Sergio Scariolo, Vincent Collet est présent sur le banc de l’équipe de France depuis 2009. Avec les Bleus, il a tout connu, a muri au fil des épreuves et est aujourd’hui en pleine maîtrise de son management. Pour ces deux tacticiens, l’expérience a fait la différence.

Un « face à face » clé du match ?

Un « match dans le match » entre ces deux sélectionneurs aux styles biens différents ? C’est difficile à dire. Ce ne sont pas deux entraîneurs très exubérants sur leur banc. Ils préfèrent plutôt distiller tranquillement des consignes à leurs joueurs plutôt que de mettre une pression incessante sur le corps arbitral… même si ce ne sont pas tout de même les derniers pour manifester leur mécontentement. C’est en tout en cas un vrai affrontement tactique entre les deux équipes qui se profile.

« Vincent, on le connaît. C’est un très bon tacticien et il a beaucoup évolué depuis que je suis en équipe de France. Il est très bon pour analyser les matches et pointer du doigt ce que nous faisons mal, pourquoi on le fait mal et comment on peut s’améliorer. Notre rôle, c’est juste d’intégrer ce qu’il nous dit, le comprendre quand il y a la vidéo et essayer de changer les choses sur le terrain. Le staff a fait du très bon boulot ».

Evan Fournier

Dans chaque équipe, une hiérarchie est imposée mais tous les joueurs sont susceptibles de rentrer et d’apporter leurs qualités. La recherche incessante de Vincent Collet à chaque compétition est de vouloir tirer le meilleur de chacun pour le bien du groupe. C’est sur des détails comme cela que Vincent Collet a reçu la pleine confiance de ses joueurs. Et il vaut mieux rester soudés et sûr de soi lorsque l’Espagne se met sur votre passage.

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Vincent Collet a dans son effectif des joueurs pour limiter l’influence de Lorenzo Brown et surpasser le défi physique d’une raquette Willy Hernangomez – Usman Garuba. Mais Sergio Scariolo aussi, a de la suite dans les idées. Il l’a démontré en demi-finale en réalisant un coup tactique de génie. Quand son équipe était à la peine face à l’Allemagne, le coach avait un temps d’avance et a inversé la tendance. Une défense de zone puis une « box-and-one » systématique sur le meneur Dennis Schröder, qui ont déstabilisé net les offensives allemandes. Les Espagnols ont alors remporté le dernier quart-temps 31 à 20 et sont repartis avec le gain du match (96-91).

Le Don Scariolo, le maître à penser de la Roja (FIBA)

« L’école espagnole », s’est efforcé de rappeler Vincent Collet à ses joueurs comme à la presse, il faut toujours s’en méfier. L’entraîneur français a raison d’insister sur cette académie modèle en Europe (et dans le monde entier) car, peu importe les générations qui se succèdent, l’ADN et la qualité de la formation restent les mêmes.

À quelques heures de la rencontre, Sergio Scariolo la joue modeste et se dit déjà enchanté par une place en finale.

« Mes joueurs ont dépassé toutes les attentes. Cette médaille est probablement la plus inattendue mais, pour moi, la plus satisfaisante. » Il faut bien l’avouer, pour une des premières fois avant leur confrontation, le sélectionneur italien ne part pas favori dans son duel face à Vincent Collet. « Je respecte le coach Vincent Collet et notre adversaire. Mais c’est un match. Tout peut arriver sur un match » a rappelé Don Scariolo après la victoire espagnole en demi-finale.

Les coachs, à vos tablettes, rendez-vous ce soir pour marquer l’histoire.

Photos : Vincent Collet, Sergio Scariolo et Lorenzo Brown (FIBA)

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