Rétro: Bill Sweek, le roman d’un gagneur

Ancien discipline de John Wooden à UCLA où il fut l’équipier de Lew Alcindor, alias Kareem Abdul-Jabbar, Bill Sweek fut ensuite un coach étoilé en France, finaliste de la Coupe des Champions avec Clermont, deux fois champion avec Le Mans et qui imposa ensuite sa griffe à Monaco. 

Patrick Scudo, Christian Garnier, Philip Szanyiel et Robert Smith entourent leur coach. Tout à l’heure sur le terrain, ils seront plus respectueux. Si vous allez un jour à Los Angeles, faites un tour jusqu’au village de Westwood, ce n’est pas très loin de la plage de Malibu, vous ne pouvez manquer le panneau indiquant UCLA. Garez votre voiture de location au parking de l’université, presque aussi spacieux que celui de la Tour Maine-Monparnasse, faites un peu de shopping à la boutique du campus ; on y trouve à foison les maillots, shorts, chaussettes, et toutes sortes de bricoles, estampillées du sigle fameux, qui épateront vos petits camarades à votre retour en France. Allez humer l’odeur du Pauley Pavillion. Et surtout n’oubliez pas de visiter le Hall of Fame, le Musée du Sport de ce collège californien pas comme les autres. Que dis-je, allez vous y recueillir !

C’est sur deux étages. Sur des panneaux muraux sont affichées photos et coupures de presse relatant les exploits des Bruins dans toutes les disciplines ; et puis des coupes, des trophées, des dizaines, impressionnants. Le gros du butin a été ramené par les basketteurs. John Wooden est à la place d’honneur. Dix fois, lui et ses petits gars, ont raflé le titre NCAA. Inégalé, inégalable probablement.

Un trophée en bois avec une photo légendée symbolise chaque titre. Approchez-vous. Sur trois d’entre eux on reconnait, maillot numéro 45, bien propre sur lui, le torse bombé, Bill Sweek. Faites maintenant un effort d’imagination. Plongez dans le Pacifique vingt ans plus tôt. L’eau y est tiède presque toute l’année. Les filles sont craquantes comme des chips Flodor. Les bagnoles sont plus grandes que le jardin de mon oncle. La vie est facile.

Pourtant en cette fin des années 60, part de Berkeley un immense courant de révolte, un véritable raz-de-marée qui va ébranler les institutions du pays. Les étudiants en ont marre d’obéir à leurs profs’ sans sourciller. Ils se sentent concernés de près par la politique menée à Washington. Tu parles ! Au Vietnam, on joue Apocalypse Now, mais ce n’est pas du cinéma. Les jeunes californiens bronzés n’ont pas envie de partir à la guerre.

Ils se laissent pousser les cheveux, et accrochent des fleurs à leur collier de barbe. Peace and love. On va les appeler les hippies. Ils font des sit-in sur les pelouses des campus et goûtent à l’herbe. Ils mettent au rebut les disques aseptisés des Beach Boys et planent en écoutant Grateful Dead ou Jefferson Airplane.

Bill Sweek a encore les cheveux coupés courts et bien dégagés autour des oreilles. John Wooden, son coach, ne badine pas avec la bonne tenue de ses boys. Boys ? Wooden a appris à ne plus appeler ainsi ses joueurs de race noire. Eux aussi sont en révolte. À commencer par son pivot filiforme et introverti, Lew Alcindor, qui dévore les bouquins de Malcolm X et s’initie à l’islam. Un peu plus tard, il se fera appeler Kareem Abdul-Jabbar.

En traînant les pieds

Bill Sweek est un veinard. Il joue avec le meilleur basketteur collégien de tous les temps, et il est coaché par John Wooden, qui est, lui, le meilleur entraîneur du monde.

Les rapports de Bill avec ces deux-là n’ont pas toujours été sans nuages. La première fois que Sweek aborde Alcindor, c’est le jour de la traditionnelle séance de photos d’avant-saison. « Tu n’es qu’un petit blanc de classe moyenne, un raciste ! », tonne Alcindor. « Qu’est-ce qui te permet de dire ça ? Tu ne me connais même pas ! », répond Sweek. Les deux hommes apprendront à s’apprécier, à devenir amis, au fil des semaines et des matches. Ils en gagneront tellement de matches ensemble. Et trois titres universitaires, en trois ans.

Dans son autobiographie, Giant Steps, Alcindor-Jabbar consacre un long paragraphe à Bill Sweek, qui permet d’avoir une première approche du personnage. Voici un extrait : « Sweek était un joyeux drille, typiquement Californien du sud, avec beaucoup de culot. Il voyait toujours le bon côté de la vie. Il était aussi un peu provocateur…. Lors d’un déplacement de l’équipe, Jim Nielsen mit Sweek au défi de piquer une tête dans la piscine de l’hôtel. On était en janvier à Oakland. Mais ça n’empêcha pas Sweek d’enlever ses chaussures et ses vêtements de sport et de plonger dans l’eau froide. Il gagna ses 20 $, et immédiatement s’attira la foudre du coach Wooden ».

Sweek, c’était le boute-en-train de l’équipe

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Photo: (Ouverture) AS Monaco 1987-88. Bill Sweek est en haut à gauche. 2) UCLA Champion en 1969. Bill Sweek porte le N°45. 3) Clermont UC 1976-77. 4) Avec Bill Walton.

Article paru dans Maxi-Basket en janvier 1987

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