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"On n'est pas les plus beaux, mais on a un énorme cœur", Elric Delord ravi après la victoire de Chalon à Paris

Malgré les 36 points de Nadir Hifi, c'est bien Chalon qui s'est imposé ce samedi à l'adidas arena au terme d'un match fou qui est allé jusqu'en prolongation (103-105). Après la rencontre, l'entraîneur chalonnais Elric Delord était forcément très satisfait.

Elric Delord © FIBA

Dans un match "à l'image de [leur saison], avec des hauts et des bas", Chalon est allé chercher une victoire de prestige sur le parquet du Paris Basketball ce samedi (103-105) et a désormais battu les trois clubs d'Euroleague évoluant en Betclic Élite. Et ce, malgré les 36 points du pyromane francilien Nadir Hifi.

L'entame de match rêvée ?

Il faut dire que le plan de jeu était rodé. Après la claque de 40 points subie au Colisée (67-107) en octobre dernier, les Chalonnais savaient ce qu'il fallait éviter. Et cela s'est vu, avec une pression très haute pour empêcher les transitions parisiennes dès le début de match.

Un plan qui a fonctionné, Paris n'a pas eu le moindre panier facile dans le premier quart, et il a fallu un 5/11 des locaux à longue distance pour que le score reste serré à l'issue de la période (22-23, 10e). Écart qui est d'ailleurs resté inchangé à la pause (47-48, 20e), notamment sous l'impulsion d'un Jeremiah Hill auteur de 10 points dans le deuxième quart.

"Ce n'est pas du tout la même équipe si tu arrives à les ralentir", expliquait le coach de Chalon Elric Delord en après-match. "Il y a différentes façons de faire. Mais je voulais que ça colle à notre identité aussi. C'est pour ça qu'à priori, faire du 'run and jump', trapper des mecs tout terrain, c'est une débilité totale contre Paris. Et c'est là où la limite entre le coup de génie et le coup de débile est toujours très fin. Si on arrive à les empêcher de rentrer dans la raquette autant qu'ils le voudraient, ils n'ont pas les tirs à 3 points qu'ils souhaiteraient après."

"Le 3ème quart-temps, c'est un bon exemple de ce qu'on ne voulait pas faire" a-t-il poursuivi. Car oui, la soirée n'a toutefois pas été parfaite pour l'Élan. Après ce joli premier acte, les Chalonnais ont bien cru voir le match leur filer entre les doigts au retour des vestiaires. À la suite d'un troisième quart calamiteux, lors duquel ils ont égaré 11 ballons, les protégés de Delord accusaient un retard de 10 points après une claquette du bondissant Allan Dokossi (68-57, 30e).

Le caractère a fait la différence

C'est un schéma que l'on connaît bien dans la capitale. Celui de l'équipe vaillante, qui réalise une belle première mi-temps, et craque progressivement face au talent de l'effectif parisien. Mais, comme l'a détaillé l'entraîneur chalonnais en conférence de presse, son équipe n'est pas comme les autres.

"On a du caractère, des forces et des faiblesses. On n'est pas les plus beaux, ni les plus grands, mais on a un énorme cœur et on se bat. Quand tu commences le 4ème quartant à -10 ici, ça peut aussi vite passer à -20. Et là, c'est terminé. Et non, on y va avec du courage, avec la volonté de se dire 'vas-y, on s'en fout, on est capables de jouer aussi'. Et je trouve qu'en termes de valeur humaine, c'est des choses qui nous correspondent. On a montré ça plusieurs fois cette saison."

Donc, ce sont effectivement les visiteurs qui ont le mieux entamé le money-time, dans le sillage d'un Grant Golden auteur de 5 points en l'espace de deux minutes (70-66, 32e). Cela, avant de revenir à égalité sur un hook shot de Lionel Gaudoux (83-83, 38e), peu en vue jusque-là car handicapé par les fautes.

Moment choisi par Justin Robinson, comme souvent très clutch, pour prendre les choses en main et redonner l'avantage aux champions de France en titre (86-83, 39e). Seulement, Paris n'est pas la seule équipe à avoir des joueurs clutchs. Après un nouveau panier de Gaudoux à l'intérieur, Jeremiah Hill donnait l'avantage à l'Élan pour la première fois du dernier quart-temps à 23 secondes de la fin (86-88, 40e).

Sur la dernière possession, une faute au rebond sifflée à Justyn Mutts envoya Daulton Hommes sur la ligne, lui donnant une chance d'égaliser. Froid comme une lame, l'Américain n'a pas tremblé et fait exploser l'adidas arena (88-88, 40e). Hill est ensuite passé tout proche de clore les débats, mais son double pas tenté au buzzer n'a que rebondit sur l'arceau, et le match est parti en prolongation.

À l'image du dernier quart qu'ils ont largement remporté (20-31), les Chalonnais ont bien démarré ces 5 minutes supplémentaires. Mutts s'est d'ailleurs bien rattrapé en réussissant, à 3-points, le premier tir de la période (88-92, 41e). Alors que Chalon se contentait d'étoffer son avance depuis la ligne des lancers, Nadir Hifi a répondu par deux fois de loin pour remettre le PB dans le match (103-104, 45e). Après un 1/2 de Jeremiah Hill, Paris avait carrément la balle de match en sa possession (103-105, 45e).

Sans surprise, elle est arrivée dans les mains du Prince de Paris. Très bien défendu par Zac Cuthbertson, l'international Français a été forcé de prendre un tir extrêmement compliqué qui a rebondit sur l'avant de l'arceau, actant la victoire des Chalonnais dans ce qui restera comme l'un des matchs de la saison en Betclic Élite (103-105).

Mathéo Leray facteur X !

Autre bon point de cette victoire acquise par Chalon sur le parquet des champions de France en titre : l'excellente performance de Mathéo Leray (20 points). Bien en jambes pour démarrer, il a marqué 6 des 7 premiers points des visiteurs (6-7, 3e), avant de s'illustrer en défense, provoquant une faute offensive d'Enzo Shahrvin (13-17, 7e).

Plutôt discret ensuite, l'ancien Rochelais est de nouveau sorti de sa boîte au meilleur des moments. Lors de la prolongation, le meneur a envoyé deux bombes à longue distance qui ont permis aux siens de garder deux possessions d'avance (92-96, 43e puis 95-99, 44e).

"Pour moi, [Mathéo Leray] n'a pas assez progressé [cette saison]", clamait Delord. "Mais c'est aussi car je suis très exigeant, c'est difficile pour lui de combler mes attentes. C'est un jeune joueur qui se retrouve meneur titulaire d'une équipe de BCL. Il s'est blessé et a été indisponible pendant 3 mois aussi. Mais je suis vraiment content pour lui. Dans l'équipe, c'est tous des bons gars. Lui, il a un truc. S'il arrive à rester en bonne santé, il me tarde de le voir jouer à la télé."

Une défaite utile au Paris Basketball ?

Côté parisien, sans surprise, les mines étaient plus déconfites en conférence de presse. À commencer par l'entraîneur Julius Thomas, qui avait encore du mal à réaliser. "On a prouvé cette saison que l'on pouvait sortir victorieux de situations comme celles-ci. Quand tu mènes de 10 points à l'entame du dernier quart-temps, forcément, tu t'attends à gagner le match."

Pour l'intérieur francilien Enzo Shahrvin, ce revers crève-cœur peut servir en vue des play-offs à venir. "À l'entraînement, on a l'habitude de mettre des scores serrés et de travailler les fins de matches comme ça. C'est quelque chose qu'on a toujours fait. Avec l'exemple du match de ce soir, on va franchir un cap."

Le boxscore de la rencontre est ici.

À l'adidas arena, Paris

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