Aller au contenu

Pour la présidente de la ligue féminine allemande, "le championnat n’est pas encore au niveau requis"

La présidente de la ligue allemande, Iriti Amojo, s'est entretenue avec le journal taz. On peut constater à la lire que le basket féminin en Allemagne est encore structurellement déficient.

Leonie Fiebich. Copyright : xMarcinxGolbax originalFilename:golba-germanyv260905_npY16.jpg/Imago
"On ne verra pas un essor du basket féminin en Allemagne du jour au lendemain, comme en WNBA, dit-elle. Des changements structurels sont nécessaires. En tant que ligue, nous avons établi des normes pour la première fois et nous sommes en train de les mettre en œuvre afin de professionnaliser le basket.
Le plan prévoit que les matchs se déroulent sur des parquets dans les salles, avec uniquement les lignes du terrain de basket visibles. Les clubs peuvent également installer des panneaux LED autour du terrain pour un rendu plus professionnel.
Les matchs devraient à terme être diffusés en streaming non seulement sur YouTube, mais aussi sur d'autres plateformes. Des entraîneurs à temps plein devraient être recrutés pour le basket-ball des jeunes. Nous souhaitons également augmenter la capacité des salles. Certaines ont actuellement une capacité maximale de 600 spectateurs. Si l'intérêt pour ce sport augmente – ce qui est le cas actuellement –, nous aurons besoin de salles plus grandes dans nos clubs de première division."

Dans le football féminin professionnel allemand, toutes les équipes de première division sont affiliées à un club masculin de Bundesliga, qui assure ensuite leur financement. Ce n’est quasiment jamais le cas en basket.

"Avec l’Alba Berlin et le MBC de Weißenfels et Halle, il n’y a actuellement que deux clubs en première division qui mettent en œuvre ce concept inspiré de la Bundesliga. Ici, les femmes peuvent bénéficier d’avantages structurels. Peut-être que davantage de clubs masculins investiront dans des équipes féminines à l’avenir. Quoi qu’il en soit, les clubs féminins traditionnels font partie intégrante de l’identité de la ligue. Il est important d’inclure tout le monde et de faire progresser la professionnalisation par petites étapes. Nous nous préparons pour un marathon, pas pour un sprint. Nous n’avons actuellement que dix clubs en première division, ce qui est insuffisant."

 Autre problème : la plupart des joueuses de l’équipe nationale sont sous contrat à l’étranger... comme en France depuis deux ans.

"C’est le plus gros problème. Chaque fois qu’une équipe de Bundesliga perd une jeune joueuse talentueuse au profit d’une université américaine ou d’un championnat européen plus relevé, c’est un coup dur. Le seul moyen pour le basket féminin allemand de se développer et de progresser est de proposer des modèles et d’inspirer davantage de jeunes joueuses. C’est plus facile lorsqu’elles évoluent dans la même ville, ce qui permet de voir ses idoles sur le terrain chaque week-end. Il est tout à fait compréhensible que nous perdions actuellement de nombreuses joueuses talentueuses et de futures stars. Le championnat n’est pas encore au niveau requis pour que les joueuses puissent s’épanouir pleinement ici. Notre objectif principal est de changer cela."


La présidente de la ligue allemande souligne par ailleurs le fait que la WNBA ne fait qu’une courte pause pour la Coupe du monde.

"Le manque de coordination entre les tournois internationaux et la WNBA est un vrai problème. Je suis persuadée qu'A'ja Wilson, qui aurait sans aucun doute été la meilleure joueuse du tournoi, ne sera pas présente car la deuxième joueuse la plus importante à son poste au sein de son équipe, les Las Vegas Aces, s'est blessée la semaine dernière. Les playoffs de la WNBA débutant peu après la Coupe du Monde, Wilson aura privilégié la WNBA. Ce n'est pas idéal pour une compétition où l'on espère voir les meilleures joueuses du monde."

Fil d'actualité