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Vincent Collet et Valérie Garnier : « L’esprit olympique c’est d’y aller pour monter sur le podium »

Les deux entraîneurs de l’équipe de France, Valérie Garnier et Vincent Collet, ont donné à distance une visioconférence commune. Ça tombe bien : les deux équipes auront aux Jeux Olympiques de Tokyo les Etats-Unis comme adversaire et une ambition de médaille.

Les deux entraîneurs de l’équipe de France, Valérie Garnier et Vincent Collet, ont donné à distance une visioconférence commune. Ça tombe bien : les deux équipes auront aux Jeux Olympiques de Tokyo les Etats-Unis comme adversaire et une ambition de médaille.

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Qu’est-ce que vous inspire ce tirage au sort ?
Valérie Garnier : On l’a bien sûr suivi en direct avec mes assistants. C’est un groupe qui nous apparaît fort, épineux même. Il y a deux facettes. Celle d’être avec les USA, qui dominent le basket féminin mondial, ce qui fait qu’on ne pourra pas les rencontrer en quarts-de-finale. La deuxième réflexion, c’est que c’est un groupe fort car les équipes se rapprochent les unes des autres. Le Japon, c’est le pays hôte avec l’incertitude liée au public. Il ne faut pas oublier que le Nigéria a fini 8e du dernier championnat du monde, qu’il a fait -5 face aux USA au dernier TQO. On sait que si l’on termine 2e, il y aura des histoires de point average. Dans ce groupe les équipes sont proches les unes des autres comparé aux autres groupes avec la Corée et Porto-Rico, qui risquent de prendre des écarts importants.

Vincent Collet : La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’en ayant les Américains dans notre poule, on ne peut pas les jouer, en cas de qualification, en quart-de-finale dans le deuxième tirage au sort. De même, les deux meilleures troisièmes ne peuvent pas affronter une équipe présente dans leur groupe. Ça c’est la bonne nouvelle. Il faut savoir qu’avant ce tirage au sort, on savait que l’Argentine jouerait avec l’Espagne. Aussi, soit nous étions avec l’Australie, soit avec les Américains. On peut bien sûr penser que pour ces Jeux, ils vont faire une armada et ils sont les indiscutables favoris, aussi bien dans le basket masculin que féminin. Malgré tout, si nous étions avec l’Australie, c’est une équipe que l’on sait redoutable avec pas du tout une évidence qu’on les batte, et on avait le risque de croiser les Américains en quart-de-finale. De ce point de vue-là, on peut plutôt être satisfait. Si on passe au chapeau 3, clairement, je ne suis pas très content de ce tirage, même si c’est difficile d’en parler aujourd’hui car les TQO n’auront lieu que du 29 juin au 4 juillet, et on ne sait pas comment les meilleures équipes auront récupéré leurs joueurs NBA. Je rappelle que la demi-finale de Conférence NBA se termine le 18 juin et que la finale de Conférence peut aller jusqu’au 6 juillet. Cela veut dire que les Bucks, qui peuvent aller loin, pourraient priver Giannis Antetokounmpo de ce TQO. Au même titre que certains Canadiens même si la plupart sont dans des équipes qui ont peu de chances d’aller loin. Mais, pour mémoire, le Canada, c’est quand même Jamal Murray (Denver Nuggets), Corey Joseph (Sacramento Kings), Shai Gilgeous-Alexander, qui joue avec Théo Maledon à Oklahoma et qui met 20 points, 6 rebonds, 6 passes, Dillon Brooks, 15 points à Memphis, Andrew Wiggins, 18 aux Warriors, RJ Barrett, 19 aux Knicks assortis de 7 rebonds, Brandon Clarke, 13 points et 7 rebonds aux Grizzlies, Dwight Powell 10 aux Mavs. Heureusement, Tristan Thompson ne joue plus beaucoup aux Cavs, et Kelly Olynik, la même chose. Vous rajoutez Khem Birch (Orlando Magic), Chris Boucher qui met quand même 17 et 8 aux Toronto Raptors, des joueurs en Europe qui ne sont pas mauvais comme Kevin Pangos du Zenit Saint-Petersbourg, et vous allez là une possible potentiel armada. Ce n’est pas du tout sûr que ces joueurs soient au TQO mais c’est possible. Dans ce cas, on peut dire que l’on est tombé dans un groupe très difficile. J’aimerais bien être 2e, mais il faut envisager de se battre pour simplement notre qualification. Il faudra jouer tous nos matches à fond. Notre 3e adversaire (l’Iran), il faudra le respecter, le battre, et certainement par une marge importante pour prétendre à cette qualification. On savait qu’avec ce nouveau format les groupes allaient tous être forts et le nôtre n’est pas le moins fort des trois.

Photo: Olivia Epoupa (FIBA)
« On risque de commencer les JO avec 17 matches entre les matches de préparation, le championnat d’Europe, et les 2, 3, 4 matches que l’on va faire entre les deux »

Que pensez-vous de la formule de la compétition, qui est raccourcie, et qui donne de l’importance à chaque match, avec le besoin d’être le meilleur 2e ou le meilleur 3e, qui impose d’avoir des compétences mathématiques ?

VG : C’est quelque chose à prendre en compte. Après notre parcours européen, ça sera une bonne chose. Effectivement, ça oblige à des calculs et quand je dis que l’on a une poule complexe, c’est que je ne pense pas que les écarts seront importants. Les meilleurs 2e et 3e seront désignés au point-average et c’est pour ça que c’est compliqué. S’il y a des équipes plus faibles à envisager, c’est éventuellement la Corée et Porto-Rico qui sont dans les autres poules, et on peut penser que certaines équipes feront des écarts très importants. Nous, je le répète, le Nigéria était 8e à la Coupe du Monde, 4 joueuses renforcent nos équipes françaises, une autre qui a joué en Asie et à Galatasaray. A une époque, il y avait un gap très important avec les équipes africaines, ce n’est plus le cas. Le Japon c’est l’inconnu quoiqu’elles nous ont battus à un match de poule aux JO de 2016. Elles sont à -2 au dernier TQO contre le Canada et à -8 contre la Belgique. Elles ont une de leurs stars qui joue en WNBA, une meneuse de très haut vol, des joueuses extérieures shooteuses et très agressives. C’est un basket qui ne ressemble en aucun cas à la Chine, si ce n’est dans l’adresse. C’est un peuple qui s’inspire de ce qui se fait ailleurs, aux Etats-Unis, en France, en Espagne. Ils font un mixte qui en fait une équipe très dangereuse et ils l’ont prouvé sur les derniers résultats. Ça veut dire qu’il faudra faire attention au moindre point ou alors battre les trois équipes ! On va être effectivement dans un calcul. On risque de commencer les JO avec 17 matches entre les matches de préparation, le championnat d’Europe, et les 2, 3, 4 matches que l’on va faire entre les deux. On va être impacté donc que ce soit raccourci, c’est plutôt une bonne nouvelle. Comme le fait de ne pas avoir les Etats-Unis en quart-de-finale.

VC : Bien évidemment que le format resserré donne de l’importance à chaque match. Pour l’équipe de France masculine comme la féminine, ça peut poser un problème car on est avec l’équipe favorite du tournoi. Comment seront-elles disposées dans les phases de poule ? Il faudra jouer ce match à 200% pour au moins limiter l’écart. Bien sûr, on les a battus il y a un an et demi mais ça sera dans une autre configuration. On doit se préparer à un match particulièrement difficile car ils seront certainement revanchards. On sait déjà que les matches contre le Canada et l’Iran seront les plus décisifs. Je mets une croix sur le match contre le Canada, il faut que l’on arrive à les battre pour passer dans les meilleures conditions. La suite de la compétition, ce sont les trois premiers avec les meilleurs deuxièmes qui sont dans un chapeau avec tirage au sort contre les quatre autres équipes. Clairement, la position de meilleur deuxième est intéressante, mais elle est forcément plus difficile à atteindre quand tu joues contre les Américains qu’une autre équipe potentiellement première. Il faut garder notre confiance et maintenir notre ambition, aussi ce que je vois c’est que l’on ne jouera pas les Américains en quart-de-finale. Et contre n’importe quelle autre équipe du plateau, nous avons nos chances. Ça, c’est important.

Quelle sera la préparation de l’équipe de France masculine ?

VC : Elle n’est pas encore totalement arrêtée. Nous avons évoqué hier avec Patrick Beesley et Jacky Commères le fait d’accélérer le processus après la fenêtre du mois de février, du 15 au 23. Nous allons essayer à ce moment-là de finaliser cette préparation. Le tirage au sort avait de l’importance pour voir quelles équipes on va pouvoir solliciter pour trouver nos derniers matches. Pour l’instant, nous n’avons que deux matches prévus, contre l’Espagne, les 8 et 10 juillet. Avant le TQO, les équipes se prépareront entre elles, nous, on n’aura pas commencé notre préparation, et après il n’y a pratiquement pas d’équipes qui cherchent des matches sur la scène mondiale. Le Japon, qui joue avec l’Espagne, pourrait être un éventuel opposant (NDLR : le contenu de la préparation des deux équipes de France devrait être connue en mars).

Quels sont les objectifs pour les deux équipes ?

VG : On joue le Japon en match d’ouverture. J’ai le souvenir d’un championnat du monde en 2014 où on joue la Turquie en ouverture devant 10 000 personnes. Je ne sais pas comment ça va se passer au Japon. Ça veut dire que l’on sera dans la difficulté dès le premier match, ça va être dès le début un match capital, il va falloir être immédiatement prêt. Ce qui est bien c’est que l’on a à chaque fois deux jours de repos et de travail pour l’adversaire suivant. La première étape, c’est la qualification pour les quarts-de-finale. Ensuite, c’est d’atteindre le dernier carré tant désiré et quand on est dans le dernier carré, il ne faut pas laisser passer l’opportunité d’attraper une médaille.

VC : L’objectif, c’est d’être sur le podium, même si c’est un objectif qui est très élevé par rapport à la concurrence que l’on peut découvrir et deviner. Bien sûr, sur la plus haute marche possible. Parfois en sport, il arrive des choses incroyables. Mais avant de penser à ça, comme l’a dit Valérie, il faut respecter les étapes. Il n’y a pas beaucoup d’écart entre être peut-être sur le podium et se faire éliminer de quelques points par rapport au groupe que l’on a. Si le Canada est au complet, sur le papier, ils n’ont rien de moins que nous, et ce que font leurs joueurs en NBA, c’est encore plus impressionnant que la troupe française. Il faut que l’on ait tout ça en tête. Ça ne doit pas nous empêcher de garder notre ambition. L’esprit olympique c’est d’y aller pour monter sur le podium. C’est notre objectif.

Photo: Evan Fournier (FIBA)
« De toute façon, si tu veux aller sur le podium, il faut être dans les trois meilleurs et même si le groupe est difficile, il faut arriver à survivre »

Nos équipes de France ont parfois tendance à mieux s’exprimer quand l’adversité est plus grande. Or, ça sera le cas aux JO. Ça peut vous aider d’avoir une telle adversité ?

VC : Je vais être honnête : quand j’ai vu le tirage ce matin à 11h, c’est l’une des premières choses que je me suis dit. A chaque fois que l’on a eu un groupe en apparence difficile, et c’était encore le cas à la Coupe du monde 2019, ça nous a servi. C’était la même chose en 2011. De toute façon, si tu veux aller sur le podium, il faut être dans les trois meilleurs et même si le groupe est difficile, il faut arriver à survivre.

VG : Ce n’est pas que c’est plus facile pour l’entraîneur, mais quand on est dans la difficulté, les filles le savent, et de façon consciente ou inconsciente, elles sont parfois plus concernées. A partir du moment où l’on s’est fixé des objectifs très ambitieux pour les deux compétitions, il faut être en alerte. En alerte sur les basics défensifs, de replis, de rebonds, comme on a pu le faire au TQO 2020. Et là, on peut avoir une équipe très solide pour atteindre nos objectifs.

Vincent, que pouvez-vous nous dire sur l’Iran, qui est a priori l’équipe la plus faible ?

VC : Sincèrement, je ne connais pas pour l’instant encore beaucoup l’Iran. On les a joués en 2014 à la Coupe du monde et on avait été surpris par leurs qualités de basket. C’était un coach serbe, le papa de Becirovic (NDLR : de son prénom Mehmed, « Memi ») qui la coachait. Il faudra les respecter dans un contexte différent car aux derniers Jeux, on avait battu assez facilement la Chine et le Venezuela et dès que l’on avait fait l’écart, on pouvait se relâcher, alors que là, on ne sera pas dans cette configuration, d’autant plus que c’est le 3e match et on saura ce qui s’est passé avant. Probablement que dans tous les cas de figure, il faudra jouer à fond ces 40 minutes. Bien sûr que l’on va maintenant se pencher sur leur composition d’équipe, on va essayer d’avoir un maximum d’infos sur leurs dernières compétitions.

Et Valérie, sur le Nigeria ?

VG : Si mes sources sont bonnes, le Nigeria a été en 2018 la première équipe africaine à rentrer dans le top 8 mondial. Elles ont perdu d’un point contre le Canada qui a fini 7e. C’est une équipe au dernier TQO qui n’a perdu que de 5 points contre les USA, 76-71. Comme je l’ai dit tout à l’heure, il y a 6 ou 7 joueuses qui renforcent des clubs européens. Ça en fait une équipe dangereuse et plus comme par le passé quand on jouait une équipe africaine.

Equipe de France masculine :

25 juillet : France – USA

28 juillet : France – Vainqueur du TQO

31 juillet : France – Iran

Equipe de France féminine :

27 juillet : France – Japon

30 juillet : France – Nigeria

2 août : France – USA

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Qu’est-ce que vous inspire ce tirage au sort ?
Valérie Garnier : On l’a bien sûr suivi en direct avec mes assistants. C’est un groupe qui nous apparaît fort, épineux même. Il y a deux facettes. Celle d’être avec les USA, qui dominent le basket féminin mondial, ce qui fait qu’on ne pourra pas les rencontrer en quarts-de-finale. La deuxième réflexion, c’est que c’est un groupe fort car les équipes se rapprochent les unes des autres. Le Japon, c’est le pays hôte avec l’incertitude liée au public. Il ne faut pas oublier que le Nigéria a fini 8e du dernier championnat du monde, qu’il a fait -5 face aux USA au dernier TQO. On sait que si l’on termine 2e, il y aura des histoires de point average. Dans ce groupe les équipes sont proches les unes des autres comparé aux autres groupes avec la Corée et Porto-Rico, qui risquent de prendre des écarts importants.

Vincent Collet : La première chose qui me vient à l’esprit, c’est qu’en ayant les Américains dans notre poule, on ne peut pas les jouer, en cas de qualification, en quart-de-finale dans le deuxième tirage au sort. De même, les deux meilleures troisièmes ne peuvent pas affronter une équipe présente dans leur groupe. Ça c’est la bonne nouvelle. Il faut savoir qu’avant ce tirage au sort, on savait que l’Argentine jouerait avec l’Espagne. Aussi, soit nous étions avec l’Australie, soit avec les Américains. On peut bien sûr penser que pour ces Jeux, ils vont faire une armada et ils sont les indiscutables favoris, aussi bien dans le basket masculin que féminin. Malgré tout, si nous étions avec l’Australie, c’est une équipe que l’on sait redoutable avec pas du tout une évidence qu’on les batte, et on avait le risque de croiser les Américains en quart-de-finale. De ce point de vue-là, on peut plutôt être satisfait. Si on passe au chapeau 3, clairement, je ne suis pas très content de ce tirage, même si c’est difficile d’en parler aujourd’hui car les TQO n’auront lieu que du 29 juin au 4 juillet, et on ne sait pas comment les meilleures équipes auront récupéré leurs joueurs NBA. Je rappelle que la demi-finale de Conférence NBA se termine le 18 juin et que la finale de Conférence peut aller jusqu’au 6 juillet. Cela veut dire que les Bucks, qui peuvent aller loin, pourraient priver Giannis Antetokounmpo de ce TQO. Au même titre que certains Canadiens même si la plupart sont dans des équipes qui ont peu de chances d’aller loin. Mais, pour mémoire, le Canada, c’est quand même Jamal Murray (Denver Nuggets), Corey Joseph (Sacramento Kings), Shai Gilgeous-Alexander, qui joue avec Théo Maledon à Oklahoma et qui met 20 points, 6 rebonds, 6 passes, Dillon Brooks, 15 points à Memphis, Andrew Wiggins, 18

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Photo d’ouverture : Rudy Gobert (FIBA)

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