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Jean-Pierre Hunckler, président de la FFBB : "À minima, il faudra atteindre le dernier carré en 2031"

Au lendemain de l'attribution de l'organisation de la Coupe du Monde 2031 à la France, Jean-Pierre Hunckler, président de la FFBB a donné une conférence de presse.

© FIBA

Ce jeudi, 24 heures après l'annonce de la FIBA d'attribuer l'organisation de la Coupe du Monde 2031 à la France, le président de la Fédération Française de Basket, Jean-Pierre Hunckler s'est exprimé. Il a notamment pu dévoiler quelques coulisses de la candidature française, portée par deux grands noms du basket tricolore, et dresser les objectifs en vue de cette immense échéance prévue pour dans cinq ans.

"On sait que la compétition aura lieu à Lille, Lyon, et Paris. Quelles salles ont été retenues précisément ?
Il y a la LDC Arena de Lyon, qui fait 12 000 places. Ensuite, il y a bien sûr le stade Décathlon à Lille. Et à Paris, l'Accord Arena, l'Adidas Arena. Et bien sûr, pour la phase finale, quarte finale, demi-finale, finale, La Défense Arena de Nanterre. CO'Met à Orléans était également dans nos choix. Malheureusement, Orléans ne répondait pas au cahier des charges qui était prévu en termes de capacité d'hôtellerie par la Fédération internationale. Mais j'en profite pour dire un petit mot, parce que et la ville d'Orléans, et le conseil départemental et la région étaient prêts à nous aider. Ce sont des gens qui sont très motivés par le basket, vous le savez, à travers leur club. Et en tous les cas, pour eux, c'était une déception au moment où on a été obligé de leur dire que malheureusement, même en pouvant discuter un peu avec la Fédération internationale, on ne rentrait pas du tout dans les critères de l'hôtellerie sur Orléans actuellement.

"On est à 142 millions d'€ de budget"

Victor Wembanyama a appuyé votre candidature. Son essor en tant que joueur a-t-il été déterminant dans l'attribution de cette compétition à la France ?
Son essor a été complémentaire à la qualité du dossier, mais aussi à la confiance que la FIBA a en la Fédération Française de Basket. Bien sûr que ça a été un élément majeur dans la présentation, dans la candidature, et que, vous le savez comme moi, le monde entier aujourd'hui parle de lui. À partir de là, c'est des points qui sont très positifs pour nous et qui nous ont aidés. D'ailleurs, une nouvelle fois, je le remercie de son investissement, malgré tous les matchs qu'il a joués. D'ailleurs, j'espère que, sauf problématique, nous pourrons l'avoir sur notre territoire au moins durant cet été.

Victor Wembanyama prêt à jouer cet été avec l’équipe de France
Dans une interview à beIN Sports en amont du All-Star Game NBA, Victor Wembanyama a certifié vouloir participer avec l’équipe de France aux fenêtres internationales de l’été prochain comptant pour les qualifications à la Coupe du monde 2027.

La salle de Nanterre aura-t-elle sa pleine capacité lorsqu'elle accueillera des matchs de la Coupe du Monde ?
Le terrain ne sera pas disposé comme pour les matchs de Nanterre et sera positionné au centre de l'Arena, avec donc une possibilité d'atteindre les 40 000 places au maximum, mais dans le projet, on en a annoncé 35 000.

Avez-vous perçu des aides financières de l'État ou de collectivités pour appuyer votre candidature ? On lisait ce matin dans L'Équipe que le budget allait peser autour des 100 millions d'€...
Le budget est à hauteur de 142 millions d'euros. Bien sûr, on a eu des aides. Pour donner deux, trois informations, la billetterie va peser entre 55 et 60 % du montant du budget. La nouveauté aussi, c'est qu'il y a des nouvelles possibilités de partenariats libérées par la FIBA. On va commencer tout de suite, dès la semaine prochaine, à travailler sur ces partenaires potentiels. Et puis, tous les autres revenus, c'est-à-dire les hospitalités, les voyages, les fans, les foods, peuvent représenter entre 25 et 30 %. Là aussi, c'est un gros projet au niveau billetterie. Donc on a aussi fait faire des études par des sociétés indépendantes spécialisées, qui ont fait une estimation de la billetterie qu'on pourrait réaliser. Et en tous les cas, ce qu'on a prévu au budget est bien en deçà de ce qui a été donné comme chiffre par les deux sociétés indépendantes dans la capacité de ticketing qu'on pourrait faire sur cet événement-là.

Étiez-vous les seuls candidats à vous être présentés ?
Je ne peux pas donner le chiffre exact de candidats, mais on était 11 pays à avoir demandé de recevoir le cahier des charges. Et hier nous étions le seul à pouvoir répondre à tous les besoins.

"Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont pesé"

La compétition va faire son retour en Europe pour la première fois depuis 2014. Cela a-t-il joué dans l'attribution de l'évènement à la France ?
La FIBA avait deux objectifs aussi dans cette candidature. Le premier, c'est qu'un pays puisse être en capacité de prendre l'ensemble de la compétition. Et le deuxième, c'était justement de revenir en Europe. Déjà, la Coupe du Monde 2027 aurait dû avoir lieu en Europe. Or, il n'y avait pas eu de candidature de pays européens pour l'organiser. D'ailleurs, j'espère que nous irons au Qatar en 2027 car nous ne sommes pas encore qualifiés.

On sait également que Tony Parker s'est impliqué. À quel degré ?
Tony Parker a joué un rôle important, ça reste la star française dans le monde du basket. On l'a bien vu hier, quand sa vidéo est passée, on a senti une attention accrue de la part du Board de la FIBA. Au même titre que celle de Victor d'ailleurs. Ça me permet de rappeler qu'à chaque fois que Tony a été sollicité par la Fédération pour lui demander de l'aide, ses réponses ont toujours été positives. C'est un exemple pour tout le monde de voir quelqu'un d'aussi investi continuer de s'impliquer de cette manière.

À quel point l'organisation des Jeux de Paris 2024, de ce que la FIBA a pu observer, a joué dans l'attribution de ce mondial ?
C'est une certitude que les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont pesé. La FIBA a été enthousiasmée des Jeux à Paris en termes de basket. Le basket a représenté 10% de l'ensemble de la recette des Jeux Olympiques, ce qui est très important. Nous avons battu le record de spectateurs pour des Jeux Olympiques. Donc bien sûr, c'était important. En dehors du nombre de spectateurs, c'est la qualité de l'organisation, de tout ce qui avait été mis en place au service des joueurs, qui a impressionné la FIBA. Et globalement, notre candidature, bien sûr, a amené la même qualité qu'il y a eu pour les Jeux Olympiques en termes d'organisation et de respect par rapport aux joueurs de toutes les équipes qui seront présentes.

L'équipe de France avait décroché l'argent à Paris en 2024 © FIBA

Combien de personnes vont travailler sur l'ensemble de cette organisation ? Peut-on imaginer un système similaire à celui des Jeux ?
On va monter une structure en parallèle de la Fédération. Les comptes du comité d'organisation de la Coupe du Monde 2031 sont totalement séparés des comptes de la FFBB. Dans les premiers mois, il n'y aura pas besoin d'une capacité de personnel énorme. Ça va monter crescendo, comme on a pu le connaître pour les JO, bien sûr, avec moins de monde quand même. On va pouvoir, je dirais, avancer tranquillement à ce niveau-là et monter en puissance petit à petit. Au niveau du poste de directeur général de cette opération-là, aujourd'hui, il n'y a aucune décision qui a été prise. On va voir comment s'organiser dans les jours qui viennent.

Quand on voit la génération dorée dont dispose la France, on se dit que l'objectif, c'est de gagner cette Coupe du Monde ?
Ça, c'est une évidence. Comme vous le savez, la majorité des joueurs cette génération dorée seront à l'apogée de leurs carrières respectives. Ils seront entre 26 et 28 ans. Là aussi, ça pèse dans la décision d'organiser ce type d'événements. En 2014, l'Espagne a payé cher d'être éliminée dès les quarts de finale. Par la France, d'ailleurs. On n'a pas gagné souvent, mais quand on a gagné, ça fait mal quand même [sourire]. Et nous, on avait fait une belle médaille. À minima, il faut viser le dernier carré pour que ces compétitions-là soient réussies.

Quels arguments Victor Wembanyama a-t-il apporté pour convaincre le Board de la FIBA ?
Il s'est impliqué à travers deux vidéos. Les quelques mots forts que je peux ressortir de ces deux vidéos, c'est qu'il était derrière sa fédération et la FIBA à 100%, qu'il était aussi 100% motivé dans ce projet pour que le basket français et le basket mondial puissent ressortir encore plus grand après cet événement-là. Il s'est impliqué parce qu'il a fallu quand même tourner deux vidéos de grande qualité qui ont été intégrées à notre présentation et qui ont énormément plu aux membres du Board.

Va-t-il y avoir une délégation à Doha en 2027 pour regarder l'organisation qatarie ?
Alors oui, c'est pratiquement obligatoire. Il doit y avoir une délégation du pays qui va recevoir la Coupe du Monde quatre ans après. Donc effectivement, il y aura une délégation qui viendra compléter, bien sûr, je n'en doute pas, notre belle sélection française au Qatar.

Quelle proportion de matches va être organisée dans chaque salle sélectionnée ?
Il va y avoir 92 matchs en tout. À Lyon, l'accord Arena de Paris et à Lille, il y aura les premiers et deuxièmes tours, ce qui représente une douzaine de matchs par site. Et ensuite, la phase finale sera recentrée sur la Défense Arena avec des matchs de classement à l'Adidas Arena."

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