La saison WNBA n’est pas terminée, mais pour les leaders des Bleues, l’important était surtout « le moment présent ».
Une dernière soirée avant de se quitter. Les Bleues étaient reçues à Paris ce lundi, au lendemain de leur défaite en finale de la Coupe du monde face à Team USA (97-79), et les sourires sur leur visage se faisaient encore bien discrets. Comme un goût de projet inachevé, la pilule est encore difficile à avaler pour l’ambitieux collectif de Jean-Aimé Toupane mais ce lundi soir, le temps était malgré tout de fêter cette première et historique médaille de vice-championne du monde.
« Céline (Dumerc) nous a organisé un restaurant ce soir sur une péniche, ça sera un moment pour nous dire au revoir », partage Marine Johannès à notre micro. « Il faut être encore une fois contente de ce que nous avons fait avant de repartir chacune de notre côté et ne pas oublier les 15 derniers jours », explique également “MJ“. Même envie du côté de sa capitaine, Gabby Williams, visage davantage fermé, qui veut « célébrer cette médaille ensemble » avec un groupe « solidaire », dont elle est « fière ».

« On aurait toutes bien aimé avoir quelques jours de repos »
Après une compétition étendue sur à peine dix jours, huit des douze joueuses du groupe devront donc repartir aux Etats-Unis clôturer leur saison en WNBA. Et lorsque l’on a évoqué avec elles ce sujet, les regards se sont baissés.
« J’avoue que ce n’est pas simple. Nous en parlions entre nous, reprendre l’avion au bout du monde ce n’est jamais évident surtout après le résultat et la campagne que l’on a faite », confie Marine Johannès. La numéro 23 des Bleues ajoute « il faudra vite changer d’état d’esprit. Il y en a certaines qui ont match dès vendredi je crois. On aurait toutes bien aimé avoir quelques jours de repos pour voir notre famille, partir en vacances ou peu importe. C’est le jeu et cela fait partie de notre carrière. »
Sa coéquipière au Liberty Pauline Astier dresse le même constat :
« Ce serait mentir si je dis que je n’ai pas envie de souffler. Cela fait partie du job ». Puis elle nuance son propos : « Nous avons des métiers passions, nous sommes contentes de faire cela. J’ai vécu une expérience extraordinaire. Demain je basculerai sur le côté WNBA. Mais je veux encore profiter de cette soirée avec cette belle équipe, avec le staff ». Un retour à New York où elle va rejouer avec la MVP du mondial Breanna Stewart. « S’il y a besoin, je lui parlerai un peu sur le terrain », déclare-t-elle en rigolant.
Pas simple de rebondir après tous ces événements au sein d’un effectif « de filles talentueuses » et qui possède « de plus en plus d’expériences communes à haut niveau », pour reprendre les mots du sélectionneur. Un groupe aussi, qui était à une marche d’atteindre les sommets et dont on demande pour la plupart d’entre elles de rapidement passer à autre chose… En terme de valorisation de basket-ball féminin, on aura connu meilleure organisation. La WNBA a accordé un mini-break à la Coupe du monde, rien de plus.
Propos recueillis à Paris