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Moustapha Fall, l’homme qui tombe à pic

On attendait qu’un joueur sorte du lot afin d’épauler Boris Diaw au scoring pour ce second match face à la Belgique. En l’absence de menaces extérieures fiables, c’est logiquement Moustapha Fall (2,18m) qui est monté au créneau. L’ancien Poitevin (ici aux côtés de Cyril Julian) a fait la misère à un

On attendait qu’un joueur sorte du lot afin d’épauler Boris Diaw au scoring pour ce second match face à la Belgique. En l’absence de menaces extérieures fiables, c’est logiquement Moustapha Fall (2,18m) qui est monté au créneau. L’ancien Poitevin (ici aux côtés de Cyril Julian) a fait la misère à un secteur intérieur belge qui a été incapable de le contenir et a cruellement manqué de profondeur de banc.

Auteur de 23 points, le pivot qui évolue aujourd’hui à Sakarya (Turquie) s’est offert un magnifique 10/10 aux tirs. On n’avait plus vu pareil  »perfect » en équipe de France depuis Nando De Colo (à 9/9). C’était en août 2008, lors des qualifications à l’EuroBasket 2009, également à Nancy… et contre la Belgique ! Le  »petit » Moustapha (2,18m), qui a fêté ses 26 ans vendredi, n’en avait que 16 à l’époque.

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Retrouvez le compte rendu complet de son intervention en zone mixte et en conférence de presse ainsi que les points de vue de son sélectionneur, Vincent Collet et de l’assistant coach belge Serge Crevecoeur sur sa prestation

Moustapha Fall : « Que des guerriers sur le terrain »

Moustapha Fall, la France vient de signer un quatrième succès en quatre matchs et vous venez de signer votre meilleure performance en Bleu. Le contrat est rempli ?

C’est ça. C’était l’objectif d’engranger un maximum de victoires, d’autant plus à domicile. On est quasiment qualifié, on a fait une bonne partie du boulot. Il ne faudra pas se relâcher pour la suite et continuer à afficher le même état d’esprit.

Vous avez joué délibérément à l’intérieur en profitant de votre force et de la faiblesse des Belges ?

On a profité de l’avantage qu’on avait à l’intérieur. On a toujours eu cet avantage contre toutes les équipes qui ont joué contre nous jusqu’à présent. Simplement, sur ce match on a réussi à mieux trouver nos joueurs intérieurs tandis qu’avant on avait tendance à se reposer un peu trop sur le tir extérieur alors qu’on a pas vraiment de gros shooteurs. On jouait un peu à l’envers alors que là, on a réussi à trouver la bonne façon de jouer. J’espère que ça continuera comme ça pour les prochaines échéances.

Vous avez particulièrement pu vous mettre en valeur sur ce match…

Oui, honnêtement des fois c’était un peu frustrant, même si on gagnait ce qui est le principal. Tant qu’on gagne, je suis toujours satisfait surtout avec l’équipe de France. Les états d’âme, on les garde pour nous. C’est sûr que faire des aller-retour sans toucher le ballon, c’est un peu frustrant quand même. Donc là on a un peu discuté, on a trouvé des ajustements. Et aujourd’hui, dès qu’il (Vincent Collet) a vu que j’arrivais à être productif, il a insisté et ça a plutôt bien marché pour nous.

Vous avez débuté dans le 5 majeur. La consigne était de pilonner à l’intérieur ?

Oui c’est sûr. A la base, Boris est quand même notre premier point de fixation. Mais je pense qu’il était un peu fatigué aussi. J’ai pu avoir des opportunités, saisir ma chance et prouver que je pouvais être efficace à ce niveau là, donc je suis vraiment content par rapport à ça.

Vous avez eu un gros temps de jeu aujourd’hui (28 minutes), êtes-vous un peu fatigué ?

Honnêtement oui, sur certaines séquences j’ai tiré la langue. Mais tant qu’on gagne, ce n’est pas grave !

Concernant votre maladresse au lancer-franc (3/11), comment l’expliquez-vous ?

Je pense que c’est plus au niveau de la confiance oui. Ça fait longtemps que je n’avais pas eu une soirée aussi catastrophique. Quand je commence mal après je me mets un peu à douter de mon geste, ce qu’il ne faut pas justement. Je vais faire encore plus de répétition pour ne plus avoir de problèmes à ce niveau.

Ça vous a mis en confiance de débuter dans le 5 majeur ?

Oui, car déjà j’ai moins de questions à me poser quand je rentre. On avait discuté avec Vincent sur quelques détails par rapport à mon utilisation, ce genre de choses. On a trouvé un terrain d’entente, donc c’est bien pour l’équipe.

De quoi avez vous discuté ?

De la façon dont j’aimais recevoir le ballon, il a insisté pour que les ailiers passent plus le ballon à l’intérieur, ce qu’ils ont fait ce soir. Ça a plutôt été une réussite, je pense. C’est une satisfaction pour moi et pour l’équipe.

Comment avez-vous conservé votre confiance malgré votre maladresse au lancer ?

J’essaie d’être le plus agressif possible et quand je ne suis pas en réussite aux lancers-francs, je me dis que quitte à aller aux lancers autant y aller au moins avec un panier marqué. J’essaie d’être agressif, mettre le « and-one » et le reste ce ne sera que du bonus. Ça fait longtemps que je n’avais pas connu une adresse aussi catastrophique aux lancers. Je pense que quand tu commences à rater pas mal de lancers-francs, tu doutes de ton geste et ce n’est jamais bon. Je vais continuer à répéter ça et ça va se corriger. Je ne suis pas inquiet.

Est ce qu’en Turquie, les intérieurs font le hack-a-Shaq pour vous envoyer sur la ligne ?

Quand je vais au dunk, ils préfèrent faire faute c’est sûr. En saison, je ne suis pas aussi mauvais comme ça, donc ce n’est pas vraiment une consigne de coach. (…) Le pire c’est qu’à l’entraînement je les mets, à l’échauffement aussi et même à la mi-temps je les ai mis. C’est vraiment dans la tête et en état de fatigue, je ne finis pas vraiment mon geste et je ne tire pas comme d’habitude, il faut juste répéter, répéter, répéter, et ça va revenir.

Comment avez-vous senti cette équipe durant cette semaine ?

Il y avait vraiment un très bon état d’esprit. Tout le monde se met au diapason au service de l’équipe. On met nos états d’âme de côté. On défend dur surtout, c’est ça la clé. On est beaucoup plus athlétique que les autres équipes, à défaut d’avoir nos joueurs les plus talentueux. Mais on sait qu’on a que des guerriers sur le terrain et ça nous aide beaucoup.

L’objectif c’est retrouver l’équipe de France en juin pour la prochaine fenêtre ?

C’est sûr ce serait un bon accomplissement. Là je savais déjà que j’allais y être au vu des absences, mais avec tous les joueurs dispos, ce serait vraiment une satisfaction d’y être à nouveau.

Vincent Collet : « Une opposition qui lui convenait beaucoup plus »

Pour ce second match en deux jours, le sélectionneur tricolore a expliqué pourquoi la France a misé sur Moustapha Fall. Ce dernier a clairement marqué des points puisque son retour en sélection pour les prochaines échéances a également été évoqué.

Pourquoi était-il dans le 5 majeur ? Premièrement pour lui redonner confiance parce qu’il avait fait une bonne deuxième mi-temps vendredi mais aussi parce qu’on savait que les Belges allaient commencer avec Kevin Tumba et que donc c’était une opposition qui lui convenait beaucoup plus qu’un intérieur fuyant. On savait aussi que la Belgique était privée de Maxime De Zeeuw et qu’ils avaient laissé Khalid Boukichou à la maison. Le fait d’appuyer à l’intérieur pouvait les mettre en difficulté, ils ont été obligés de jouer avec le jeune Bako très longtemps, c’était un élément qui nous a permis de le lancer. (…) Concernant les ajustements, effectivement je trouve que ses coéquipiers l’ont beaucoup mieux servi que lors du premier match. Ce que j’avais beaucoup regretté vendredi lorsqu’il était rentré c’est que les Russes faisaient  »poper » (sortir) systématiquement leurs joueurs intérieurs contre lui, et que nous, 3-4 fois il était en position pour recevoir le ballon et on ne lui a pas donné. Là ce soir, on l’a vraiment recherché, à juste titre. Il y a un dernier élément qui a favorisé son énorme performance, c’est que les Russes venaient s’approcher et entouraient le post-up systématiquement vendredi alors que les Belges l’ont très souvent laissé en un-contre-un. Ce qui était surprenant car comme on ne mettait pas un panier pendant très longtemps, on aurait pu penser qu’ils allaient venir beaucoup plus. On s’y attendait, on avait prévu les prises à deux.

Concernant son éventuelle association avec Rudy Gobert au poste 5, Vincent Collet s’est, là aussi, montré très clair :

Je voulais le faire déjà l’an passé (à l’Euro), j’en ai été privé dès le premier jour du rassemblement (blessure au pied), mais c’était mon objectif. Je considère que dans les grandes compétitions internationales, il faut deux postes 5 de très grande taille pour ne pas souffrir des fautes, sinon tu te fais attaquer. Même Rudy qui est un grand défenseur peut commettre des fautes. Je rappelle que c’est lorsqu’il est sorti contre l’Espagne en 2015 que les Espagnols ont pu nous battre. Avant de sortir, Pau Gasol n’avait marqué que 22 de ses 40 points. C’est bon de le rappeler.

Serge Crevecoeur : « Il a été l’élément déterminant de la France »

« On savait qu’on allait se faire attaquer à l’intérieur. Les trois-quatre premières attaques sont pour Boris. C’est un joueur qui est aussi altruiste, donc il n’a pas joué tous les ballons. Il fallait aussi être attentifs aux joueurs qui coupaient et aux renversements de ballon pour les tirs ouverts à 3 points. On a assez bien défendu de ce côté là, mais ensuite on n’a pas trouvé la clé face à Fall. On avait demandé certaines choses mais on a aussi des joueurs un peu jeunes comme Ismaël Bako qui manquent d’expérience et ont du mal à transférer la stratégie qu’on met en place durant le match. Il fallait certainement faire plus de fautes sur lui pour l’envoyer sur la ligne. Là il tire à 3/11, en club si je ne me trompe pas il tourne autour des 53%… On aurait dû faire plus de fautes sur lui, surtout quand on voit qu’il est à 10/10 dans le jeu. Quand il reçoit la balle près du cercle c’est fini. Il a été l’élément déterminant de la France aujourd’hui. On a manqué aussi de profondeur de banc, avec Maxime De Zeeuw qui était blessé. Contrairement à la France, on n’a pas cette richesse au poste 5 avec beaucoup de grands. Vraisemblablement, la Belgique est un pays de petits ! (rires). C’est devenu compliqué à partir de là. Lorsque Gillet et Tuba sont passés à 4 fautes, c’est devenu très dur ».

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Retrouvez le compte rendu complet de son intervention en zone mixte et en conférence de presse ainsi que les points de vue de son sélectionneur, Vincent Collet et de l’assistant coach belge Serge Crevecoeur sur sa prestation

Moustapha Fall : « Que des guerriers sur le terrain »

Moustapha Fall, la France vient de signer un quatrième succès en quatre matchs et vous venez de signer votre meilleure performance en Bleu. Le contrat est rempli ?

C’est ça. C’était l’objectif d’engranger un maximum de victoires, d’autant plus à domicile. On est quasiment qualifié, on a fait une bonne partie du boulot. Il ne faudra pas se relâcher pour la suite et continuer à afficher le même état d’esprit.

Vous avez joué délibérément à l’intérieur en profitant de votre force et de la faiblesse des Belges ?

On a profité de l’avantage qu’on avait à l’intérieur. On a toujours eu cet avantage contre toutes les équipes qui ont joué contre nous jusqu’à présent. Simplement, sur ce match on a réussi à mieux trouver nos joueurs intérieurs tandis qu’avant on avait tendance à se reposer un peu trop sur le tir extérieur alors qu’on a pas vraiment de gros shooteurs. On jouait un peu à l’envers alors que là, on a réussi à trouver la bonne façon de jouer. J’espère que ça continuera comme ça pour les prochaines échéances.

Vous avez particulièrement pu vous mettre en valeur sur ce match…

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Photos FIBA

 

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