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Guide Betclic Élite 2023-24 – Chalon-sur-Saône : retrouver son rang

Champion de France 2017, l’Elan Chalon a depuis vécu une longue descente aux enfers et la punition : la rétrogradation en Pro B en 2021. Après deux saisons de purgatoire, l’équipe de Saône-et-Loire a mérité son retour en Betclic Elite et redémarre, malgré quelques incertitudes, avec humilité et confiance.

On peut l’écrire : l’Élan Chalon avait manqué au championnat de France. Club historique des deux dernières décennies avec à son palmarès deux titres de champion de France 2012 et 2017 dont le premier accompagné d’un triplé historique (Coupe de France et Semaine des As), le club de Saône-et-Loire se devait de retrouver l’élite au vu de son standing mais aussi de la passion qu’il suscite auprès de ses ardents supporters.

Le chemin de croix a été bien assez long, même si d’autres ont vécu pire – Nancy a patienté cinq ans dans l’antichambre. Il lui a fallu deux ans de bataille sans répit pour retrouver la première division. L’an 1 s’est terminé en décadence, l’an 2 s’est bouclé sur l’implosion du Colisée, au bout du suspens, lors du match 3 de la – renversante – finale d’accession contre Châlons-Reims. Ce alors même que l’équipe de Savo Vucevic avait manqué le sacre de Pro B pour trois petits points par rapport à Saint-Quentin et qu’elle avait subi le retrait forcé de Mickaël Gelabale, victime d’un AVC à l’entraînement, durant l’intégralité des playoffs.

Retour aux sources

Un parcours de revenant qui ouvre un nouveau chapitre, plus optimiste, avec un joli budget – pour un promu, mais l’Élan n’est pas n’importe quel promu – de 5,5 millions d’euros dont 1,5 million consacré à la masse salariale, soit une hausse supérieure à 10 %. Pratiquement les finances d’avant la chute. Cela ne doit pas empêcher le club bourguignon d’avancer à petits pas, alors que trois descentes se profilent à l’issue de la saison. « La Betclic Elite n’aura jamais été aussi forte que cette année, plus compacte, avec peut-être plus de 60 % des clubs qui vont au départ avoir un seul objectif, le maintien. C’est notre cas », prévient l’entraîneur Savo Vucevic.

Aleksej Nikolic, qui dispute la Coupe du monde avec la Slovénie © FIBA

Le nouveau doyen des coaches (66 ans) se veut pragmatique au sujet de l’effectif avec lequel l’Élan va débuter la saison : « Avec nos moyens, je pense qu’on a fait ce qu’on pouvait de mieux en essayant de conserver au maximum les valeurs acquises l’année dernière. » Chalon a misé sur des joueurs plutôt sous les radars jusqu’à présent, rompus aux championnats européens, notamment les trois étrangers, Aleksej Nikolic, Jermaine Love et Dirk Williams, tous âgés entre 28 et 34 ans, qui viennent faire grimper leur cote en Bourgogne. Une recette qui a fait ses preuves par le passé. Pour compléter sa ligne arrière, l’Elan a offert une prolongation longue durée à Antoine Eito, l’âme de la montée, et a ramené un ancien de la maison, Matthieu Missonnier, après trois belles saisons en Pro B.

Un déséquilibre intérieur ?

Ces garanties d’expérience et de complémentarité sur la ligne arrière ne doivent pas dissimuler de potentielles carences à l’intérieur. Un secteur où les dirigeants font confiance à quatre joueurs (Markusson, Gaudoux, Baptiste et la recrue Olivier Cortale) qui évoluaient tous en Pro B l’an dernier, certes avec un rôle important.

Enfin, deux cas restent à trancher. L’avenir de Mickaël Gelabale, avec lequel le club discute pour un poste sur ou en dehors du terrain alors que la réflexion d’un renfort au poste 4/3 reste en suspens. Et la gestion du cas Mathias M’Madi, espoir franco-malgache initialement pressenti pour s’installer petit-à-petit dans la rotation, qui a fait part aux dirigeants de son désir de départ vers les Etats-Unis – le troisième produit du centre de formation en quatre ans, ce qui a le don d’agacer la direction.

Quelle que soit la forme finale de l’effectif, Chalon compte sur la ferveur de son Colisée (200 abonnés de plus que l’an dernier à ce jour) pour s’éviter de faire l’ascenseur alors que la ville toute entière vient de vivre plusieurs saisons sur un fil. L’heure est logiquement à la prudence.

Les résultats des cinq dernières saisons

SaisonNiveauBilanPlacePlayoffsTop scoreurBudget
2018-19Jeep Élite12-2214eVee Sanford (15,3)5,16 M€
2019-20Jeep Élite10-1512e(Annulés)Sean Armand (17,9)5,45 M€
2020-21Jeep Élite10-2417eSean Armand (16,8)5,05 M€
2021-22Pro B18-167eQuarts de finaleDesmond Washington (13,7)5,05 M€
2022-23Pro B25-92eVainqueurAntoine Eito (13,6)4,88 M€

Les changements de l’intersaison

Sous contrat : Antoine Eito (prolongation, 2026), Mattias Markusson (2024), Lionel Gaudoux (2025), Kenny Baptiste (prolongation, 2024), Vuk Vucevic (premier contrat pro), Savo Vucevic (coach, prolongation, 2025)
Arrivées : Olivier Cortale (Boulazac/Pro B, 2025), Aleksej Nikolic (Gran Canaria/Espagne, 2024), Jermaine Love (Novgorod/VTB League, 2024), Dirk Williams (Manchester/Royaume-Uni, 2024), Matthieu Missonnier (Denain/Pro B, 2024)
Départs Kyshawn George (Miami/NCAA), Sitraka Raharimanantoanina (Evreux/Pro B, 2024), Kevin Harley (Poitiers/Pro B), Damien Bouquet (Fos-sur-Mer/Pro B), Antonio Jordano (Szombathely/Hongrie), Luka Lapornik (Sentjur/Slovénie), Supreme Hannah, Mickael Gelabale

Effectif 2023-2024Matthieu MissonnierAntoine EitoAleksej NikolicJermaine LoveDirk WilliamsVuk VucevicKenny BaptisteOlivier Cortale, Lionel Gaudoux, Mattias Markusson

Staff sportif

Coach : Savo Vucevic (66 ans)
Assistants : Maxime Pacquaut (41 ans), Benjamin Villeger (35 ans)
Préparateur physique : Guillaume Veta (32 ans)

Front office

Président : Vincent Bergeret (59 ans)
Directeur général : Rémy Delpon (56 ans)

Salle : Le Colisée (4 550 places)

La joie des Chalonnais lors de la remontée dans l’Elite
© Charlotte Geoffray

Les joueurs

Le cinq majeur

Antoine Eito

Un leader par l’exemple, devenu le chouchou du Colisée. Mis de côté chez lui au Mans, le meneur de caractère a récupéré les clés du camion à Chalon en 2021 et les a conservées malgré un été de turbulences où il était question d’un départ. Finalement, le Charentais a porté l’Elan dans sa mission remontée, avec en point d’orgue une finale monumentale (21,3 points, 5 rebonds et 7,7 passes décisives ; 20 points et 13 passes décisives lors du match 3), et il a prolongé son contrat jusqu’en 2026. Pas convaincu initialement, Savo Vucevic en a fait l’âme de son équipe, lui qui à 66 ans « n’a jamais vu une telle énergie chez un joueur de plus de 35 ans ». Double champion de France (2009 avec l’ASVEL, 2018 avec Le Mans), médaillé de bronze à la Coupe du monde 3×3, Mister Big Shot rêve de porter l’équipe de France 3×3 sur la plus haute marche du podium l’été prochain aux JO de Paris.

Jermaine Love

Un ajout d’expérience. Formé en NCAA II, ce baroudeur a débuté en Lituanie (deux saisons en D2, deux saisons en D1) avant de tester la Pologne, la Grèce puis la D2 italienne. Son CV a pris de l’épaisseur à la trentaine puisque l’Américain de 34 ans a passé les quatre dernières saisons entre l’Hapoel Holon, le PAOK Salonique (une saison en BCL avec le néo-Stelliste David Diléo) et Nizhny Novgorod en VTB League cette année où il était le leader offensif au même titre que le néo-Burgien Maksim Salash. Il a complété son tour du monde avec une pige d’un mois au Venezuela au printemps dernier. Quelle que soit la division, l’arrière scoreur a toujours apporté plus de 10 points de moyenne (les deux dernières au-dessus de 14 points dans des championnats référencés). Marié et père de deux enfants.

Dirk Williams

Un pari mesuré. Sorti de l’université d’Alabama (la même fac que le Roannais Lewis Sullivan en 2017), le sniper a effectué l’essentiel de sa carrière dans le championnat britannique où il a terminé ses cinq saisons dans les meilleurs marqueurs (encore 19,4 points de moyenne l’an dernier avec Manchester). C’était aussi le cas lors de sa seule saison en Hongrie où il avait terminé à 17 points et 47 % à 3-points. Certes, « D-Will » n’a jamais évolué dans un top-championnat européen mais il présente une garantie non négligeable au scoring et surtout à l’adresse longue distance (quatre saisons à plus de 40 % à 3-points). Un joli potentiel athlétique.

Kenny Baptiste

Capable de fulgurances, sa nonchalance et son manque de régularité ont eu raison de son engagement au Mans, son club formateur, qui a fini par le prêter à l’étage inférieur en cours de saison dernière à Chalon. Plutôt discret lors de ses premiers mois, le Guadeloupéen s’est libéré en deuxième partie de saison, et encore plus après la blessure de Mickaël Gelabale, se montrant déterminant lors des playoffs d’accession en Betclic Elite (10,4 points, 3,4 rebonds et 0,8 contre pour 10,5 d’évaluation). L’Elan mise sur son envergure, sa polyvalence défensive, sa technique et son enthousiasme retrouvé. Le médaillé de bronze à l’Euro U18 en 2018, labellisé prospect NBA, doit confirmer. Et passer un cap sur le tir à 3-points (20 % lors de la saison régulière).

Mattias Markusson

Il porte bien son surnom de « gratte-ciel suédois ». Deuxième joueur le plus grand de Betclic Elite (2,17 m) cette saison derrière Youssoupha Fall, il a décidé d’honorer sa deuxième année de contrat – sans certitude de conserver un rôle majeur – après une saison de Pro B à dominer des pivots toniques et souvent plus mobiles (4e rebondeur de l’antichambre). Plutôt coordonné pour un joueur de sa taille, ce bon finisseur place toujours l’équipe avant ses intérêts personnels. Formé en Suède puis à Loyola Marymount en NCAA, l’international suédois (9 sélections) a débuté sa carrière pro en République Tchèque, à Opava, où il tournait en double-double en FIBA Europe Cup. Venu au basket sur le tard, à 15 ans, après avoir testé le football. Sa mère a lutté contre le cancer, raison pour laquelle il a fait l’impasse sur la saison 2019-2020.

Les remplaçants

Matthieu Missonnier

C’est à la fois un retour dans son club formateur et une découverte de l’élite (2 matches en 2016) que s’apprête à vivre Matthieu Missonnier. Le combo guard a débuté tout jeune à Prissé-Mâcon en NM2, il faisait officiellement partie du roster de l’Elan champion de France en 2017 et il est passé pro à Lorient puis Golbey-Epinal en NM1. Rare français à être titularisé sur le poste de meneur en Pro B lors de ses trois dernières saisons à Denain, où il était capitaine, le natif de Chalon-sur-Saône est prêt pour la première division, lui qui a refusé des offres de Pro B cet été. Gros défenseur sur l’homme, avec de vraies qualités collectives, il est en progrès sur le tir extérieur (30,2 % à 3-points), qui n’est pas sa qualité première.

Aleksej Nikolic

De retour en France après une demi-saison à Gravelines sur la fin de l’exercice 2020-2021, le globetrotteur Aleksej Nikolic va découvrir un 11e club en carrière. Champion d’Europe 2017 à 22 ans en se retrouvant aux manettes du moneytime de la finale, l’international slovène – d’origine serbe – a voyagé à travers le continent ces dernières années. Passé par l’Allemagne, la Serbie (au Partizan Belgrade), l’Italie et l’Espagne, il s’est fait balader dans trois clubs cette année : Sassari, Brescia et Gran Canaria, vainqueur de l’Eurocup sans l’avoir utilisé. Malgré cet exercice sans rôle prédéfini, il dispute actuellement la Coupe du monde comme rouage essentiel au côté de Luka Doncic (7 points, 3,3 passes et 3 rebonds en 24 minutes au premier tour). À son retour, il sera utilisé comme combo guard en complément d’Antoine Eito à la mène et de Jermaine Love à l’arrière. Complet et expérimenté.

Vuk Vucevic

En apprentissage, le fils du coach Savo Vucevic et de Ljiljana Mugosa, championne olympique de handball en 1984, et cousin du NBAer Nikola Vucevic sera le 10e homme du groupe pro. Revenu en France en janvier après un crochet d’un an et demi par les États-Unis via Montverde Academy et l’université de New Mexico, l’ailier franco-monténégrin (JFL) était déjà partenaire d’entraînement avec le groupe pro cette année. Son apport relatif en Espoirs Pro B (6,9 points, 3,9 rebonds en 20 minutes) montre qu’il dispose encore d’une belle marge de progression. Né à Cholet en 2002, l’année où son père coachait Mickaël Gelabale pour ses débuts en pro.

Lionel Gaudoux

Il est la preuve que tout est possible. Un parcours épatant qui l’a vu gravir un à un tous les échelons du basket français après avoir débuté sur le tard, à 17 ans. De la NM3 à la Pro B, le Francilien s’est adapté sans difficulté à chaque palier, à l’image de ses deux dernières saisons dans l’antichambre à Saint-Quentin puis Chalon, excellentes tant sur le plan individuel (10,7 points à 60 % aux tirs, 5,8 rebonds en 21 minutes) que collectif. Combatif, vertical, discipliné, toujours juste dans sa lecture de jeu pour compenser sa petite taille pour un intérieur (1,98 m), il continue de progresser année après année, et c’est une juste récompense de le voir aujourd’hui en Betclic Elite. Un grand passionné de tous les sports au point d’avoir voulu devenir prof d’EPS. Son idole de jeunesse : Blake Griffin. Sous contrat jusqu’en 2025.

Olivier Cortale

Il est le prototype du joueur talentueux qui a manqué de régularité pour s’établir au plus haut niveau. L’ancien espoir de la SIG Strasbourg et de l’INSEP a finalement passé plus de temps en Pro B que dans l’élite (une saison pleine dans la rotation à Roanne), où il était attendu en début de carrière, avec quatre saisons au compteur entre Gries-Oberhoffen, Saint-Chamond et Boulazac. Sa deuxième dans le Périgord l’a vu progresser dans son leadership (9,2 points et 6,8 rebonds contre 7,2 points et 4,0 rebonds) malgré de la maladresse à 3-points (22,9 %, relativement de ses premières saisons en pro à près de 35 %). Enfin à maturité, l’ailier-fort parviendra-t-il à conserver son niveau d’agressivité pour son retour en Betclic Elite ? L’Elan en est convaincu et lui a offert un contrat de deux ans.

Le coach

Savo Vucevic

Il est depuis cet été le nouveau doyen des coaches de Betclic Elite. Arrivé dans l’Hexagone en 1990, le Franco-Monténégrin ne lui a fait qu’une seule infidélité, pour le club belge de Charleroi pendant quatre saisons. Il a entraîné les filles et les garçons de Bondy, Cholet, Saint-Quentin, Antibes, Monaco et dernièrement Bourg-en-Bresse, entre 2016 et 2021. Partout où il passe, ce grand passionné de basket européen a la réputation de laisser le club dans une meilleure posture que lorsqu’il est arrivé, ce qui s’est validé dans l’Ain puisqu’il a récupéré la JL en Pro B pour l’emmener jusqu’en Eurocup. Après une année off, il a repris du service à Chalon où il a vécu « la plus joyeuse » de ses six montées, devant « le meilleur public de France ». Il avait été précédemment joueur, arbitre de haut niveau puis coach à partir des années 1980 en Yougoslavie. Mari de la handballeuse Ljiljana Mugosa, championne olympique en 1984, oncle du NBAer Nikola Vucevic et beau-frère par alliance de l’ancien entraîneur de Boulazac Nikola Antic, il aura l’opportunité de coacher son fils Vuk cette année. Moins dur dans son approche que la plupart des entraîneurs « yougos », il considère que la psychologie est l’aspect le plus important du coaching.

Savo Vucevic © Charlotte Geoffray

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Photo d’ouverture : Antoine Eito (Charlotte Geoffray)

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