Fraîchement parti pour l'Anadolu Efes, Matthew Strazel a terminé son aventure monégasque sur un final on ne peut plus splendide. Tout au long du run de Monaco en play-offs de Betclic Élite, lui et Élie Okobo se sont montré injouables, comme l'a détaillé le guard de 23 ans au micro de First Team.
"C'était agréable [de jouer avec lui]. Ça fait cinq ans qu'on joue ensemble, je sais ce qu'il aime, il sait ce que j'aime. On se trouve les yeux fermés. Le gars a du talent quoi [sourire]. Je le regarde depuis cinq ans, je me dis que moi aussi j'ai envie de montrer mon talent. Là, c'était le moment de le faire. [...] Quand on parle avec Élie ou moi dans la vie de tous les jours, on est des gens très humbles. Mais sur le terrain, c'est le jeu qui parle et s'il y a des actions où l'on ne paraît peut-être pas humbles, je trouve que ça rend le jeu plus beau, ça apporte un côté plus pimenté. On prend juste du plaisir sur le terrain."

Et pourtant, tout aurait bien pu tourner au vinaigre. En effet, à quelques heures de l'entre-deux du match 5 décisif entre Paris et la Roca Team, Strazel a appris sa suspension pour la rencontre à la suite de vives invectives du meneur en direction de Mehdi Difallah, arbitre du troisième match de la série.
"Le match 5 était à 21h, à 18h45, j'étais encore dans l'attente de savoir si j'allais jouer. Je comprends vite que je ne pourrais pas. Je suis dégoûté, je ne parle à personne, je suis énervé, je m'en veux et j'en veux à tout le monde. J'arrive à la salle, toute ma famille est en bord-terrain. Je pleure en prenant ma petite sœur dans les bras parce qu'ils sont tous venus pour me voir et je ne vais pas pouvoir jouer, je n'ai pas mon destin entre les mains."
En catastrophe, Mike James est alors sorti de son boycott pour venir en aide à ses coéquipiers et finalement leur permettre de soulever le trophée. Un moment hors du temps, à l'image de la saison tumultueuse traversée par les Monégasques.
"Ensuite je sèche mes larmes, je retourne dans le vestiaire et je prends un boost d'adrénaline car je savais que Mike James allait jouer. La veille il m'avait dit : "si tu ne joues pas, je vais jouer". La veille, tout le monde lui dit que je vais jouer, donc lui, il ne prend pas ses affaires. Quand il a appris qu'il devait jouer, j'ai appris qu'il est allé chez Adidas s'acheter une paire de chaussures et un sous-maillot. Il arrive, il n'a pas de maillot. Il dit qu'il veut jouer avec le 32 en recouvrant "Strazel" avec du strap. À ce moment-là, pour l'histoire, je suis convaincu qu'on va gagner. On avait peur qu'il veuille trop montrer qu'il était de retour, mais il a été très juste, il a répondu de la meilleure des manières. Il met un 3-points qui nous fait passer devant et qui fait énormément de bien. Pendant le match, j'ai encore plus d'émotions que quand je suis sur le terrain. Et au final, ça fait une belle sortie sur un titre. Ça m'a soulagé parce que je m'en serais voulu vu le niveau que j'affichais pendant ces play-offs et ces finales, je l'aurais pris pour moi. Ça s'est bien fini, mais ça aurait pu être très moche."


