"Vous réalisez un meilleur match que samedi, mais au final il y a toujours cette dizaine de points d'écart (78-89). Y a-t-il de la déception de votre côté ?
Par rapport à ce soir, non. On a tout donné, franchement. Peut-être sur le dernier match, oui. Parce que c'est là où on passe vraiment à côté, surtout sur un
premier match à domicile de demi-finale. Après avoir gagné là-bas, c'était vraiment l'occasion de
surfer sur le momentum.
On ne l'a pas fait.
En début de match, vous avez fait pleuvoir les 3-points, le public s'est enflammé. Avez-vous cru à une soirée parfaite ?
C'est sûr qu'on peut se dire ça sur le moment, mais un match, c'est 40 minutes. Peut-être que cette année, si on doit retenir un truc, c'est que les matchs où on a été le plus en difficulté, c'est quand on a manqué de constance. Ça a été le cas dans les matches 3 et 4 de cette série. On a raté le deuxième quart-temps et ça nous a fait très mal.
Si vous deviez dresser un bilan de cette saison...
C'est encore un peu tôt, il y a encore beaucoup de déception. Mais je pense qu'il faut être fier de
ce qu'on a fait cette année. À chaque étape, on a déjoué les
pronostics.
Personne ne nous voyait être aussi haut en saison régulière. Arriver jusqu'en demi-finale du championnat, je pense qu'il n'y a pas grand monde qui aurait parié sur nous au début d'année.
On est allé au-dessus de ce que tout le monde aurait pu penser. Ce qu'il faut retenir, c'est que
dans ce groupe-là, on y a toujours cru. Tous les joueurs, staff, tout le monde y a toujours cru
qu'on pouvait faire quelque chose.
C'est ça que je vais essayer de retenir pour l'instant. Après, j'aurai le temps de
refaire la saison plus tard. Super fier de ce groupe, ça a été vraiment un plaisir d'aller tous
les jours à l'entraînement avec ces gars-là, de partir en déplacement.
On a construit quelque chose qu'on ne voit pas partout.
Après, ça
s'est vu dans les résultats.
C'est un truc qu'on a construit aussi entre nous, joueurs. Je pense que c'est ça qu'il faut retenir ce
soir. La déception, oui, on est compétiteur, on voulait aller plus loin, ou au moins forcer un match 5. Si je devais retenir un mot pour qualifier ce groupe, ça serait la fierté.
Tout avait pourtant démarré par un tournoi du Golfe compliqué. Pouvez-vous nous raconter la progression qu'a connu ce groupe ?
Si on fait ce tournoi, il faut toujours qu'on prenne 40 points à chaque match. Il y a deux
ans, on prend 40 points, on finit en play-offs. L'année dernière, on gagne, on n'y est pas.
Cette année, on prend 40 et on finit en demi-finale. [Rires] Mais franchement, pour
l'anecdote, après la première semaine d'entraînement, on
discute avec Paul [Lacombe].
Je lui demande un peu son sentiment, parce que j'en avais un, et je lui dis « Est-ce que tu crois
pas qu'il y a quelque chose à faire avec ce groupe ? » Tout de suite, il m'a répondu la même
chose, il m'a dit « Ouais, franchement, il y a quelque chose à faire. » On l'a senti tout de suite.
C'est un groupe jeune, mais qui, dès la première semaine
, a montré cette envie d'apprendre. Pour beaucoup, ils n'avaient
jamais découvert le basket européen. Ça prend du
temps.
Mais il y avait ce truc-là dans ce groupe qu'on ne retrouve pas tous les ans. Aujourd'hui c'est dur, mais le message que je ferai passer à tout le monde après, quand
on aura un peu eu le temps de redescendre, c'est que pour faire des saisons comme ça, c'est
vraiment très compliqué. C'est ma treizième, et que ce
soit en résultat ou dans l'ambiance qu'il y avait dans l'équipe, je peux vous dire que ce n'est pas toujours comme ça.
C'est la saison où vous avez pris le plus de plaisir ?
De loin. Même s'il y a eu des très bonnes saisons, comme il y a deux ans ici, quand on va en
play-offs. Là il y avait encore ce petit truc en plus,
qui fait qu'on a passé un tour et qu'on est allé en demi-finale du championnat, ce sont des choses qu'on ne vit pas tous les ans.
Je n'ai pas vraiment le mot pour le décrire, mais j'ai été super heureux d'être avec ce groupe-là cette
année.
Quelle responsabilité a eu le staff dans cette réussite ?
Quand Julien [Mahé] est arrivé, il a mis le cadre, il a dit "ça se passera comme ça, suivez-moi, on fera comme ça. Tant que vous faites ce que je demande et que vous vous donnez à 100%, ça fonctionnera, et parfois non. C'est le basket." Tout le monde a suivi, les tout jeunes comme les plus vieux. On est tous allés dans la même direction, et ça a été le premier ingrédient d'une saison réussie.
Vous reverra-t-on avec le maillot de Nanterre en septembre prochain ?
Je crois que j'ai déjà eu la question cinq fois depuis que j'ai quitté le terrain. [Rires] Je ne sais
pas. Les seules choses que je peux dire aujourd'hui, c'est que je ne sais pas du tout encore.
Mais ça devrait se savoir très vite.
À 32 ans, n'êtes-vous pas tenté par une expérience à l'étranger ?
Joker... [Il sourit]
Propos recueillis au Palais des Sports Maurice-Thorez, à Nanterre